Suite de l'Affaire de la gazette des com

Réponse de l'ANISP aux propos du Dr Giroud de l'association "SAMU et Urgences de France"
sur la Gazette des communes d'Octobre 2013

En Octobre dernier, Mr Marc Giroud fustigeait de nouveau les Infirmiers de Sapeurs-Pompiers dans un discours bien connu de tous, stéréotipé et sur des propos loin de la réalité du terrain. La FNSPF s'était saisie du dossier et avait fait paraître un communiqué de presse que vous pouvez retrouver -ICI-.
L'ANISP quant à elle avait saisie la rédaction de la Gazette des communes afin de demander un droit de réponse qui lui a été accordé.

Ces derniers jours (24/11/2013), Monsieur Giroud recommence à travers un article sur le journal du Tarn et Garonne (cf lien dans le forum). Nous allons saisir l'Ordre National des Infirmiers (ONI) face à ces insultes infondées une nouvelle fois et qui ne sont pas dignes de professionnels de santé.
Nous pouvons y lire notamment : "ces derniers (les ISP) n'ont pas les outils, les compétences ni la mission de faire des analyses de besoin en matière de santé. Tout ceci se fait dans le désordre et aujourd'hui, le désordre n'est plus acceptable ! l'infirmière crée un retard à l'intervention médicale car les pompiers appliquent des protocoles de soins définis en interne et qui ne sont pas ceux de la société française de médecine d'urgence qui, à nos yeux, est la référence."
Et il poursuit : " Laisser faire des choses aux infirmières qu'elles n'ont en réalité pas le droit de faire, cela peut faire perdre du temps mais aussi des chances au patient".

Veuillez trouvez ci dessous le droit de réponse écrit par l'ANISP:

« Les propos tenus par M Marc GIROUD, président de l’association-syndicat Samu Urgences de France
dans l’article sur le référentiel de Secours à Personne de votre numéro du 7 octobre 2013, portent atteinte à l’image professionnelle et à l’honneur des infirmiers exerçant leur art au sein des sapeurs-pompiers.

Lors des interventions, ces professionnels de santé appliquent des protocoles infirmiers de soins d’urgence conformes aux données de la science et au code de la santé publique. L‘envoi ou non d’un moyen médicalisé du SMUR relève du champ de compétence du seul médecin régulateur, indépendamment de la présence d’un infirmier pompier. Les pratiques professionnelles des Infirmiers de Sapeurs-Pompiers sont parfaitement encadrées et évaluées par les cadres de santé et les médecins-chefs des SDIS.  Elles ne constituent en rien une perte de chance pour le patient. Elles viennent compléter les actions entreprises par des secouristes en attendant ou non une médicalisation décidée par le médecin régulateur du SAMU. Sans remplacer cette médicalisation, les soins infirmiers sur rôle propre ou sur rôle prescrit apportent un bénéfice incontestable notamment dans la prise en charge de la douleur, dans la recherche des signes aidant à l’orientation diagnostique ultérieure du médecin ou encore dans la réanimation précoce de l’arrêt cardiaque. Si les piliers de l’organisation des services de santé et secours médicaux des SDIS, que sont les médecins et infirmiers de sapeurs-pompiers volontaires, n’étaient pas indispensables au secours pré hospitaliers, les SAMU, malheureusement appuyés par les ARS ne se lanceraient pas dans une logique redondante avec la création de médecins et d’infirmiers correspondants SAMU.

L’infirmier sapeur-pompier volontaire constitue une force d’action rapide d’un professionnel responsable et compétent, intégré dans un maillage territorial serré. Personne ne peut décemment croire que les services d’urgence hospitaliers dysfonctionnent parce qu’1% des personnels y exerçant sont également pompiers volontaires pendant leur temps libre. Dans une société si souvent décriée comme individualiste, il faut se féliciter de l’engagement altruiste d’hommes et de femmes qui offrent quasi bénévolement leurs compétences professionnelles en plus de leur travail au bénéfice de la population des territoires dont ils sont issus en troquant un uniforme blanc pour un casque et des rangers.

Le discours d’un recentrage hospitalier des missions des SDIS dans un journal à destinations des  collectivités territoriales peut séduire les élus désireux de transférer une partie des dépenses des SDIS vers l’assurance maladie. Cette vision séduisante à court terme engendrerait des dégâts majeurs et irréversibles sur le maillage et la réponse territoriale solidaire  des services publics de secours et d’urgence. Le corporatisme médical de cette association syndicale nie volontairement les compétences des infirmiers et des sapeurs-pompiers. Il entretient un leurre sur la suprématie du dogme médical que notre société n’a plus les moyens d’entretenir. Que ce soit en SMUR, aux urgences ou au sein des sapeurs-pompiers, les infirmiers appliquent les mêmes règles professionnelles en parfait respect du périmètre de l’art médical. Il serait grand temps que ces médecins soient conscients de leurs limites, reconnaissent les valeurs de leurs collaborateurs infirmiers et les respectent à leur tour. Les infirmières bonnes sœurs dévouées au dieu docteur font partie d’un passé aujourd’hui révolu et la modernisation des pratiques infirmières vers des pratiques avancées est une réalité pour mieux répondre aux besoins d’aujourd’hui et aux enjeux de demain.

Parmi ces enjeux, les dépenses de santé doivent être maîtrisées et la profession infirmière constitue l’une des clés de voute d’une nouvelle répartition interprofessionnelle plus rationnelle et plus économique. Le tout médical est un luxe que notre société ne peut plus s’offrir y compris en médecine d’urgence. La réponse paramédicale est 5 à 10 fois plus économique qu’un SMUR. Tous les autres pays développés l’ont compris avant nous»