Faut-il se réjouir ou redouter les recos

 

 

Faut-il se réjouir ou redouter les recommandations scientifiques SEMSP-SFMU ?

 

Comme vous le savez, il y a quelques jours sont parues les nouvelles recommandations concernant les protocoles infirmiers de soins d'urgence issues de la concertation de plusieurs sociétés savantes. 

Pour ceux d'entre vous qui ne les ont pas lues vous y accéderez en cliquant sur l'image ci contre. 

Ces recommandations sont une version très épurée de certains PISU en vigueur dans de nombreux départements mais constituent également un socle commun à tous les départements français. Alors faut-il s'insurger de cela ou pas?

Tout d'abord ce document constitue les règles de bonnes pratiques c'est à dire le minimum nécessaire à un protocole.  Ceux d'entre nous qui ont un exercice hospitalier savent que les règles de bonnes pratiques représentent le socle de base, le minimum attendu voire servent d'indicateurs lors des évaluations des pratiques professionnelles. Nous pouvons donc nous réjouir de cela. Les indicateurs communs aux différents SSSM de France vont permettre des enquêtes nationales de qualité dans les prises en charge des victimes par les ISP.

Ensuite ce document est signé par différentes socétés savantes; la Société Européenne de Médecine Sapeur-Pompier (SEMSP) qui œuvre avec l'ANISP à la rédaction des Guides de Bonnes Pratiques (GBP) pour les SSSM, la Société Française de Médecine d'Urgence (SFMU) et enfin la Société Francçaise d'Anesthésie et de Réanimation (SFAR) qui a une forte assise nationale voire internationale. Notre exercice est donc légitimé par des sociétés savantes qui éditent également les recommandations d'experts pour les SAMU/SMUR, les domaines de l'anesthésie, les salles de réveil etc... Notre place et nos pratiques ne sont pas remisent en cause mais reconnues ce qui est plutôt une avançée.

Enfin, les recommandations d'experts ont une validité théorique de 5 ans. L'HAS précice dans son guide d'élaboration que les recommandations doivent être réévaluées en fonction des données de la science et être conformes à la législation. Donc il ne faut pas s'étonner de ne pas retrouver de "pratiques avancées" mises en place dans certains SDIS, les recommandations ne sont pas là pour précéder une loi mais bien pour être conformes au code de santé public. La réingénierie des formations de spécialité ( IBODE, IADE, Puer...) a commencé, c'est de ce côté là qu'il faut regarder et être attentif pour l'incorporation de nouvelles pratiques de soins infirmiers. 
Il est important de noter qu'aucune recommandation n'interdit des actions qui seraient validées par des médecins-chefs. On peut noter uniquement des "non propositions" ou des "non recommandations" mais pas d'interdictions.. A eux maintenant de porter les PISU et de suivre ou non ces recommandations....

 

Alors faut-il voir le verre à moitié vide ou à moitié plein? A vous de décider. 

ANISPement,

Pour le Conseil d'Administration de l'ANISP,
Anne-Cécile LOUVET, Vice-présidente de l'ANISP

 

 



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