ISP D'où viens tu? Partie 2

ISP D'où viens tu? De Versailles dans l'ombre au conseil des ministres de la république.
Partie 2:

Les années de l’émancipation de la profession :

L’ouverture dans les Centres hospitaliers Régionaux et Universitaires, (CHRU), dès les années 1960, des premières Ecoles de Cadres Infirmiers, déclenche un phénomène d’émancipation de la profession.
1961, un arrêté du 17 juillet révise le programme officiel de formation des infirmières. Il reconnaît la compétence de l’infirmière et la responsabilise, notamment dans le domaine des soins d’hygiène et de confort. Les dimensions psychologiques et éducatives sont mises en évidences, l’infirmière n’est plus une exécutante.

Un accord Européen du 25 octobre 1967, relatif à l’instruction et à la formation des infirmières précise les normes minimales d’exercices.
1972 : Alignement des études sur  28 mois en développant la connaissance de l’être humain et les soins infirmiers dans leur dimension technique, psychologique, et éducative. L’enseignement sera orienté sur la santé et la notion de travail en collaboration avec des équipes pluridisciplinaires.

Le décret du 9 octobre 1975, instaure le Certificat Cadre Infirmier, unique (CCI), la dénomination « cadre infirmier » reçoit un cadre réglementaire législatif et une reconnaissance institutionnelle dans la fonction publique hospitalière, dès 1975. La formation des cadres infirmiers s’oriente sur les sciences humaines, la contribution économique, la notion de qualité, les sciences de la gestion. Des écoles de cadre développent des partenariats avec les universités, et les entreprises.
Un tournant définitif s’engage pour les fonctions d’encadrement de la profession d’infirmier le 11 avril 1975 .En effet un décret, crée le grade d’infirmier général, pour la fonction publique hospitalière et bientôt pour le Service de Santé des Armées (SSA), sous l’appellation d’Infirmier Principal. La formation fut l’indice de modernité de l’orientation de ce nouveau corps d’encadrement, qui s’inscrivait dans une démarche de connaissance sans cesse renouvelée, en phase avec les grands changements sociétaux en matière de  santé globale.

La loi du 31 mai 1978, redéfinit  la profession et introduit la notion de rôle propre et de diagnostic infirmier comme support.
1981 voit promulguer le 12 mai, un décret relatif à l’exercice de la profession d’infirmier diplômé d’Etat. Le 17 juillet 1984, un autre décret défini clairement le rôle propre, la fusion « soins généraux » et « soins psychiatriques » s’effectue. Le but étant, l’émergence d’un nouveau profil infirmier apte à répondre aux besoins de santé en général et à dispenser des soins infirmiers en tenant  compte de l’ensemble des problèmes posés par une atteinte fonctionnelle.

En 1989, un décret institue deux modes d’accès au grade de surveillants, en unité de soins dans la fonction publique hospitalière. Accès sans conditions pour les infirmiers du corps de la classe supérieure, titulaire du CCI, sélection par examen professionnel sous condition d’avoir exercé 8 ans au moins dans un service de soins, ce mode de nomination étant une voie d’extinction. On sent poindre à partir de ce distinguo, l’importance de cette formation qualifiante institutionnalisée, qui sera plus tard, la seule clé pour l’accès aux fonctions d’encadrement, quel que soit  le secteur d’exercice privé ou public.

Direction l’an 2000, la Santé pour tous :

Le 20 février 1990 une circulaire de la Direction Générale de l’Hospitalisation, vient préciser les fonctions du surveillant (cadre infirmier).
Le décret 95.926  du 18 août 1995, porte création du Diplôme de Cadre de Santé, il donne l’accès au corps des cadres de santé de la Fonction Publique Hospitalière et la Fonction Publique Territoriale,( valable pour le SSA). Il est obligatoire pour exercer des fonctions d’encadrement à destination des personnels soignants hospitaliers et des branches sanitaires et sociales ainsi que pour exercer des fonctions de cadre pédagogiques au sein des instituts de formations des professionnels de santé infirmiers, aides-soignants.

Le 11 février 2002, un nouveau décret de compétence relatif aux actes professionnels et l’exercice de la profession d’infirmière est promulgué. Dans ce décret, les règles  professionnelles, tiennent lieu de code de déontologie pour la protection du malade. Ce décret est abrogé par un décret du 29 juillet 2004, qui apporte peu de changement dans l’organisation des soins. On peut cependant noter qu’il introduit une seule et même codification en ce qui concerne les règles déontologiques et le décret de compétence. Désormais, c’est un prise en charge globale, de la personne soignée qui prédomine, il est tenu compte de la santé physique de la personne soignée mais aussi de la dimension psychologique.

Un Ordre National, pour les infirmiers de France :

Institution d’un ordre national pour les infirmiers en 2006, au terme d’un « combat »sans nom, d’un débat parlementaire passionné mené par l’opposition politique du moment par la voix d’un « député médecin »soutenu par la majorité des organisations syndicales du monde du travail, (sauf le SNSPP-CFTC), qui tous sont« contre »un ordre pour les infirmiers. La Loi du 21 décembre 2006, créant l’Ordre National Infirmier est malgré cela, promulguée... Les organisations professionnelles infirmières pour la première fois ont réussi à s’unir pour soutenir le projet. La détermination du « groupe Sainte-Anne »a été décisive. Il faut pourtant reconnaître que ce mouvement ne fut pas réellement soutenu (voir approuvé au départ), mise à part par les étudiants en IFSI, par une grande partie des infirmiers hospitaliers, (la pression des syndicats hospitaliers y étant certes pour quelque chose).

Jean-Jacques Scharff porte-parole du Groupe ST- Anne   , promoteur historique de l’Ordre, exprime sa satisfaction, cette loi était attendue par la majorité des infirmiers.
En instituant un ordre, regroupant tous les infirmiers habilités à exercer leur profession en France, la loi  consacre la place de la profession infirmière dans le système de soins. Ainsi, la création de l’ordre national  des infirmiers est un acte de reconnaissance par  la représentation nationale, d’une profession.

Désormais les 480 000 professionnels infirmiers, salariés des secteurs public et privé et exerçant à titre libéral, seront représentés par l’Ordre Infirmier.
Cet effectif est nettement supérieur à celui des médecins (206 000), des pharmaciens (68 000), des sages-femmes (17 OOO), des masseurs-kinésithérapeutes (61000) ou des pédicures podologues (11 000), déjà organisés en  Ordres professionnels.

LES SOIGNANTS DE L’AVANT.

Des soignants de l’avant donnaient des soins dans l’ombre du médecin. Ils accompagnaient les hommes qui partaient au  feu. Mais la postérité les a souvent ignorés. Souvenons-nous d’eux,  ces anonymes qui accompagnèrent les pionniers  de la chirurgie de guerre, qui participèrent au balbutiement du soutien sanitaire à destination des troupes en campagne.

Souvenons-nous  de cette armée sanitaire des
champs de batailles de la grande guerre.
Souvenons-nous de tous ces soignants de l’avant,
ceux de 14 /18, et de 39/45,
d’Indochine, d’Algérie, du Viêt-Nam,
ceux d’Afghanistan et du Mali.

 
Une autre époque se profile, les circonstances ont induit d’autres besoins d’adaptation pour une société soufrant de nouveaux maux : l’accident du travail, de la route, du domicile, les accidents cardiovasculaires aigus, l’accident catastrophiques à effet limité.

Bléssé au combat en attente de soins


















L’AMBULANCE VOLANTE


Le Baron Dominique Larrey

La fonction de soignant de l’avant  se trouve en France dès1792. .
En effet, les ambulances volantes de l’armée du Rhin misent en œuvre par F. Percy chirurgien en chef de la Grande armée et Dominique Larrey chirurgien en chef de la garde impériale, ouvrent le grand livre des soins de l’avant.

Le Baron Dominique Larrey, crée le concept de chirurgien de l’avant et d’ambulances volantes. Au départ il s’agit d’équipes constituées d’un chirurgien accompagné de deux aides  et d’un infirmier. Dans leurs selles se trouvent des pansements et du matériel de chirurgie. Le « VL SSSM de l’époque ».

Ambulance hippomobile

Plus  tard, avec l’expérience, il invente des voitures à deux ou quatre roues en forme de coffre et tractée par un, ou plusieurs chevaux. Ces voitures sont placées sous le commandement d’un chirurgien de première classe, est composée par six chirurgiens de seconde classe, deux pharmaciens et huit infirmiers. Les blessés sont soignés sur place puis évacué vers l’arrière. Le  « VSAV de l’époque ».

LA DAME A LA LANTERNE

1854 –La guerre de Crimée : Une Anglaise, Florence Nightingale, arriva en Turquie le 21 octobre 1854, à la caserne Selimiye à Scutari (aujourd’hui Usküdar à Istanbul), avec ses 38 infirmières formées par elle-même.
Les infirmières trouvèrent des soldats blessés, négligés par un personnel médical débordé. Laissés à leurs besoins de base : boire et manger, face à l’indifférence de leurs officiers, des réserves de médicaments limitées. À cela s’ajoutant une hygiène collective et individuelle  négligée, source de toutes les infections de masse courantes, la plupart d’entre elles étant fatales. Quant à la nourriture, il n’y avait aucune organisation, aucun équipement pour la préparer.

La dame à la Lanterne

Florence Nightingale et ses compatriotes commencèrent par nettoyer les postes de soins et les équipements, et réorganiser les soins.
4077 soldats y trouvèrent, la mort au combat. Dix fois plus moururent de maladies et d’épuisement.

Nightingale, défendit auprès de la commission Royale pour la Santé de l’Armée, l’importance des conditions de vie sanitaires et d’hygiène des soldats engagés sur le terrain des opérations de combats. Ses concepts furent mis en application et contribuèrent à réduire le nombre de mort au sein de l’armée Britannique en temps de guerre et en temps de paix. Le care et le cure étaient réunis, la semence était lancée. Un musée complet lui est consacré à Londres, elle était considérée par les Britanniques comme étant la personnalité la plus importante du Royaume Uni après la Reine Victoria.



 LA DAME A LA LANTERNE avait éclairé le chemin. Un jour des années 1970, des infirmières et des infirmiers, pionniers « chez les pompiers » allaient perpétuer le concept et raviver la flamme de la dame à la lanterne.

PARIS « UNE VILLE QUI MARCHE A LA TETE DE LA CIVILISATION » … ( )

ET POURTANT …

Nous sommes en 1884,
« Il  y a nécessité d’organiser un service de prompt secours dans les cités populeuses, dans les quartiers industriels de certaines villes, même moins importante que Paris et Londres », telle était la conclusion d’un fonctionnaire hospitalier, chargé d’établir un état des lieux sur les secours à personnes en  1880, pour la ville lumière, Paris.

Il révélait une situation alarmante, un retard considérable si on comparait avec d’autres grandes capitales, Londres ou New York.

La suite nous l’avons  découverte dans un article pertinent, de Bernard Laygues.En 1996, dans le supplément n°895 du «  Sapeur-Pompier », de septembre, il décrit avec brio, les prémices d’un grand « mouvement moderniste », pour le secours aux victimes d’accidents, en voici des exemples  évocateurs.

Ce fut l’engagement d’un homme le docteur Henri NACHTEL, médecin-chirurgien aux ambulances durant la guerre de 1870-1871, (l’ambulance à l’époque désignait un poste avancé de premiers soins, inscrit dans le dispositif du service de santé de l’armée en campagne), membre de la Société française d’hygiène et de l’association médicale de Grande-Bretagne.
En 1884, il jettera un pavé dans la mare, en publiant (aux éditions Masson) un quasi-pamphlet titré l’Organisation à Paris d’ambulances urbaines analogues à celles des grandes villes d’Amérique (premiers secours aux malades et aux blessés sur la voie publique, dans les ateliers, usines, etc.).Un retentissement considérable, un retour de bâton non moins considérable, des tenants des institutions de  sécurité publique et d’une partie du corps médical. Bref, à tel point qu’un grand homme décide de prendre son partit.
Une lettre manuscrite de Victor Hugo, au faîte de sa popularité, lui sert de préface à la publication.

Au docteur Nachtel, le 31 juillet 1884 –New-York a commencé, Paris continuera…Ce que vous conseillez, monsieur, est conseillé par la raison et par l’évidence. Le succès confirmera vos affirmations : il est clair, il est net, il est humain. Je vous approuve et je vous félicite. »   (Victor Hugo)

Devrons-nous faire appel  à Victor Hugo, pour faire admettre définitivement le bien-fondé de la réponse graduée, avec un échelon infirmier  pérenne. La raison et l’évidence n’étant pas suffisantes aux yeux des tenants du dogme conservateur, l’avenir nous le dira.

Que souhaite précisément le docteur Nachtel, qui est allé observer le fonctionnement des secours publics aux Etats-Unis ? Eh bien, que Paris – puis toute la France – fasse  «  comme là-bas »… ! Et il s’explique, d’abord en décrivant une réalité banale ordinairement rencontrée sur le pavé parisien : « Un malade ou un blessé se trouve gisant …Aussitôt, un rassemblement se forme, un gardien de la paix survient, et on s’empresse de le transporter chez le pharmacien le plus proche (…), le docteur Nachtel décrivit la réalité, le manque d’organisation et de compétences dédiées, laissait à cette pauvre victime peu de chances de survie.
Alors il pose la question : « Comment remédier à tous ces inconvénients regrettables  dans une ville qui marche à la tête de la civilisation du monde ? Nous en trouvons justement le moyen dans les ambulances de l’Amérique du Nord. (…) A New York, notamment, ces ambulances existent dans tous les hôpitaux de la ville.

Le service d’ambulance de l’hôpital Bellevue a été établi en 1869. (…) Si le blessé ne paraît pas transportable au poste de police, s’il n’y a pas un instant à perdre, on évite l’intermédiaire et alarme est donnée directement à l’hôpital par l’appareil télégraphique le plus proche (sur la voie publique, boite adaptée à un poteau  du télégraphe, de couleur rouge, qui sert également a appeler les pompiers sur les lieux d’un incendie).
(…) On assure au blessé les soins les plus immédiats. En effet, au reçu du signal, les ordres nécessaires sont à l’instant transmis au médecin de service et aux écuries, où tout est constamment préparé  pour le départ, de sorte que ,quarante-trois secondes après l’alarme a été reçue, l’ambulance sort de l’hôpital (…).Il continue en descriptions pertinente ,des équipements du type de voiture ,la qualité des personnels et même le mode de déclenchement du signal sonore pour écarter les passants sur son passage.

A Paris, les projets et contre-projet continuent d’aller bon train ( à notre époque on fait mieux ,on crée des commissions ) .Le Conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine songe ,bien sûr, à faire établir de distance en distance, dans les rues et les avenues, des poteaux en fonte qui renfermeraient deux boites ,l’une portant l’inscription « secours publics ;l’autre ,secours contre les incendies ».La preuve, en tout cas, que personne n’envisageait de confier un jour le prompt secours aux  pompiers .

Il faudra attendre 1887 pour que soit activée, à l’hôpital Saint-Louis, l’œuvre des ambulances urbaines (société philanthropique) du docteur Nachtel, sur le modèle new-yorkais, avec étudiants en médecine à bord.
En 1895, ces ambulances, remises solennellement à la Ville de Paris, entreront dans le giron de l’aléatoire service municipal, crée lui en 1889 .Trois ambulances seront confiées a des infirmières ambulancière diplômé des hôpitaux et destinée aux transports des malades contagieux vers l’hôtel-Dieu, une épidémie de variole s ‘étendait sur Paris.
Le 1er avril 1941, les ambulances municipales, devenues un service de la Préfecture de la Seine, furent rattachées à l’Assistance publique.

Quant aux grandes villes de France, certaines se seront mises à imiter Paris ( ou plutôt le docteur Nachtel … ), par exemple Bordeaux, avec sa Société des ambulances, qui ira jusqu'à établir, sous la responsabilité de médecins volontaires, des postes de secours aux noyés ( près du fleuve ) et aux blessés ( en ville ) ,chacun « habité  » par un  « infirmier ».

Et les soldats du feu dans tout ça ? beaucoup de leurs responsables, mais aussi les  sapeurs sont convaincu que le secours à personnes ne fait pas partie de leur noble mission ( Bis-repetitas en 1970 ).Alors ,même qu’une minorité de Corps ,quelques dizaines, à travers la France s’acharnent et s’équipent d’un matériel  d’ambulance, et plus rarement d’un véhicule hippomobile ou recrutent , oui ! , un infirmier.

Le chemin est long et tortueux, pourtant dès 1890,  un médecin du bataillon des sapeurs-pompiers d’Orléans, le docteur Charles Le Page, interpelle régulièrement les participants des congrès de la Fédération des sapeurs-pompiers de France et d’Algérie (appellation de notre fédération à l’époque) .Sa voie s’élève, que dit-il ? : Qu’il est intolérable qu’au cours des incendies les victimes  occasionnées, des pompiers ou des civils, ne soient pas – ou soient mal secourue. Souvent, on les a arrachées à une mort certaine par d’héroïques procédés de sauvetage, pour finalement les abandonner, sur le pavé, suffocant et sanguinolent, à l’assistance aléatoire de bonnes volontés.

Sur sa lancée, Charles Le Page produit son « Manuel des premiers secours », sous le patronage de la fédération des sapeurs-pompiers de France et d’Algérie (c’était l’appellation de notre fédération à l’époque), ce manuel était le premier édité pour et par les pompiers.

Alors, dans ce manuel le Docteur Le Page, s’adresse en ces termes a l’ensemble des communes qui possèdent un  corps de sapeurs-pompiers, «  on ne prend guère souci d’exercer quelques hommes choisis et de leur indiquer quels sont les premiers secours à donner aux victimes des incendies (…) Chaque bataillon ,compagnie ou subdivision, par le fait même du rôle pour lequel ils ont été créés, doit en effet posséder plusieurs hommes capables de donner les premiers soins aux victimes des sinistres qu’ils combattent. (…) A l’heure actuelle, beaucoup de compagnies ont leurs infirmiers désignés, qui commencent ou complètent leur instruction ; un bon nombre possède un sac d’ambulance et un brancard. Le temps est proche où  toute compagnie sera pourvue d’infirmiers, si elle désire figurer dignement dans un concours (…) » .Comment ne pas penser à Claude Gonzalez, et Christian Lembaye, sur le style, néanmoins soyons clair sur les mots…  « l’infirmier » du docteur Le Page était en fait ce que de nos jour on aurait appelé un secouriste spécialisé .( le diplôme d’infirmier fut créé en ;;;;;;;;;),Mais comme le fait remarquer Monsieur Bernard Laygues dans son  magistral article de fond sur le secours à personnes  paru dans le Sapeur-Pompier de septembre 1998,n° 895 , « Nul doute que ,à le lire attentivement, au regard des exigences de notre temps, c’est bien de vrais infirmiers (sous l’autorité de nos « képis rouges » que ce précurseur aurait voulu aujourd’hui dans tous les centres de secours ».
Nul doute que le docteur Le Page prenait parti pour que les « soldats du feu » se portent aux secours des victimes.
Dans ce manuel de 1897, qui sera porté en annexe, et que nous vous invitons à parcourir, tout comme l’ensemble des articles de Bernard  Laygues, il était détaillé le port de l’insigne identifiant les infirmiers. Le port sur le bras gauche du brassard blanc a croix rouge de la convention de Genève n’a plus été retenu, (bien qu’il fut utilisé dans certains corps ),par le comité technique de santé du ministère de la guerre ,il fut réservé aux infirmiers militaires. Les infirmiers sapeurs-pompiers ont donc porté un brassard de drap bleu noir, large de 8centimètres ; il porta en son milieu une croix de malte en drap blanc et reposant sur deux de ses branches ; il est entouré d’un liséré rouge.

Photo Compagnie de Saint Omer,
avec son Infirmier (Croix de Saint André)
section dite des « Travailleurs »
les 6 et 7 juillet 1902

Il persiste et signe pour des infirmiers dans les corps. Des infirmiers « capables de rendre de nombreux services à leurs camarades et à leurs concitoyens. (…) Dans les communes les habitants  commence déjà à tirer parti des connaissances des infirmiers lors des accidents », et on croit rêver « parmi les sapeurs de garde, il devra y avoir un infirmier pour diriger ces prompts secours.

Voilà ainsi résumées quels  étaient les doctrines des docteurs Nachtel et Le Page, validées et soutenues pour ce dernier par la Fédération dans son Congrès tenu à Paris le 8 août 1897 et mis en application à  Lyon , Nantes, Amiens ,Bordeaux ,Cannes ,Orléans ,Saint-Omer ,jusqu’aux années 1910 .Doctrines qui tomberont dans l’oubli,(avec les infirmiers pompiers) des méandres d’un lent fleuve qui allait charrier ,les  effets de casques rutilants et  banquets rassembleurs, pour ressurgir dans les années 197O.

Ambulance hippomobile à Paris

LA GRANDE GUERRE

L’histoire a valorisé les « dames de bonnes familles »  bénévoles, lors  de la première guerre mondiale, occultant les infirmières et les infirmiers du corps des armées pourtant beaucoup plus nombreux.


En 2014, la France commémore les 100 ans  de la première guerre mondiale, qui a fait 674700 tués au feu, 250 000 morts des suites des blessures, 225 000 disparus et 175 000 morts par  maladie.





UNE ARMEE SANITAIRE

À la mobilisation, 30 000 infirmières sont formées par la Croix-Rouge, ce chiffre   doublera après 1917, elles serviront dans les hôpitaux auxiliaires.

Soignants et convalescents



Les infirmiers  sont des militaires présents aux combats, le corps des infirmiers militaires comptera au plus fort de la guerre   200 000 hommes. On dénombre près de 44000 hôpitaux où serviront 60 000 soignantes bénévoles, une véritable armée sanitaire.
Les sections d’infirmiers militaires sont des entités du jeune Service de santé des Armées et sont des éléments organiques du corps d’Armée. Les sections d’infirmiers comportent, bien entendu, des infirmières, et  aussi des brancardiers, des chauffeurs et des auxiliaires.

Charlotte Maître, infirmière militaire pendant  la Grande Guerre, précisait lors d’un entretien avec le journaliste Paul Fuchs  - Nous étions incorporés dans l’Armée, et soldat en tout et pour tout. Assimilées aux officiers subalternes, nous touchions les mêmes rations, nous voyagions avec les mêmes feuilles de route, Nous  n’avions sur eux qu’un avantage, une indemnité d’habillement de cent francs par an.

LES ANTENNES CHIRURGICALES  GUERRE 14/18

AVRIL 1917, Hôpital temporaire N° 67 de
Pamiers, des soignants posent avec les 
combattants convalescents

Une équipe comportant un chef d’équipe chirurgien, son aide, un chloroformisateur qui pouvait être un médecin-auxillaire  en général un étudiant en médecine, ou un infirmier militaire (peut-être l’ancêtre de l’infirmier anesthésiste)  ;l’équipe était accompagnée d’un infirmier de stérilisation et deux infirmiers pour la logistique des salles,un pharmacien.

Les infirmières qui furent également baptisées « les anges blancs » ont  beaucoup apporté pendant le premier conflit mondial, mais engagées comme les infirmiers et les combattants sur le terrain des opérations, elles paient un lourd tribut.
Avec le qualificatif de « Mort pour la France » au carré militaire d’Issy-les-Moulineaux, demeure au milieu de centaines d’hommes, Marguerite Montet, infirmière militaire, morte pour la France, le 22 septembre 1918.

TOMBE DE MARGERITE MONTET,
INFIRMIERE,
Photo :SF

À Paris, sur l’un des piliers de la nef de l’église Saint-Louis des Invalides, figure une stèle à la mémoire du sacrifice de ces infirmières. À Reims, a été édifié en 1924, un monument à la mémoire des infirmières  de la Première Guerre Mondiale.
 À Berck sur Mer, dans le Pas-de-Calais, le monument aux morts représente un Poilu sur un brancard. En dessous figurent ces mots : « Aux infirmières françaises, les combattants reconnaissants ».

Quant aux hommes, les infirmiers, le dénouement tragique  de la guerre change radicalement leur destin. Dès 1916, les hommes manquent au front et l’armée  envoie les infirmiers militaires des jeunes classes ; comme combattants, ce qui constitue une perte de compétences historique pour la profession, l’hécatombe ne les ayant pas épargnés.

Voilà la raison pour laquelle on les oublia au profit des « images d’Epinal », représentant les  bénévoles de la CRF ou de la société de secours aux blessés militaires ou l’union des dames de France.

NOS HEROINES DE 14/18

L’action des infirmières et infirmiers  « soignants de l’avant »fut également éclipsée après le conflit par l’évocation dans « l’Illustration » et autres revues de l’époque, de l’héroïsme des médecins des postes de secours des tranchées et des chirurgiens des hôpitaux militaires de l’avant. Sachant, bien entendu, combien leur dévouement et leurs compétences furent déterminants pour les victimes du massacre de masse.


 





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