ISP D'où viens tu? Partie 6

ISP D'où viens tu? De Versailles dans l'ombre au conseil des ministres de la république.
Partie 6:

UN LONG FLEUVE TRANQUILLE

La maison sapeurs-pompiers nous  a ouvert ses portes, les principales organisations représentatives soutiennent avec  sérieux le dossier du projet de refonte du SSSM, avec une composante pluridisciplinaire, le médecin, le pharmacien, le vétérinaire et l’infirmier.
Pourtant en ce qui concerne l’infirmier, les réticences de certains cadres des SDIS, persistent. Ils l’acceptent, le recrutent, les reconnaissent comme compétents en matière de santé, voir  de gradé pour les emplois au sein du SDIS, mais pas comme lieutenant infirmier.

Au titre d’exemple, voici l’extrait d’un courrier adressé au Président de la FNSPF, par un directeur de SDIS, qui n’était pas opposé aux  infirmiers, mais…

Le 13 février 1992,
« Le dernier point que je voulais aborder,  à  savoir un élément choquant dans le projet de statut particulier du service de santé. Les infirmiers souhaitent leur recrutement au grade de sous-lieutenant. Ce projet me paraît peu raisonnable, même si je n’ignore pas la valeur et le niveau qui sont exigés de cette profession. En effet, il faut considérer la fonction à l’intérieur de notre système, et manifestement elle est au niveau du grade de sous officier. C’est à ce niveau que les infirmiers seront appelés à intervenir.
Qu’il existe par ailleurs des officiers parmi eux, ayant en charge des responsabilités sectorielles ou de groupement et départementale recueille mon adhésion et celle des chefs de corps avec lesquels cette question a été évoquée ».

ON COMMUNIQUE, ON COMMUNIQUE, ON COMMUNIQUE !!!.

MONTPELLIER SEPTEMBRE 1995      
NOUS N’ABANDONNERONS PAS LES INFIRMIERS

Allocution du Colonel Bernard JANVIER Président de la FNSPF au Congrès de MOMPELIER le 30 septembre 1995.

Celui-ci conforte sans ambiguïté la position fédérale : « Le SSSM est une réalité sur le terrain. D’ailleurs, la journée médicale, consacrée à l’évaluation, qui s’est déroulée durant notre Congrès, en est une illustration supplémentaire. Ce service a virtuellement une existence légale après le vote du projet de loi relatif aux SDIS, par le Sénat et l’Assemblée nationale, article 1.
Les décrets d’application devront être publiés. Nous nous y emploierons avec énergie, s’il le faut. Parallèlement, NOUS N’ABANDONNERONS PAS LES INFIRMIERS ! Comme nous n’oublierons pas les pharmaciens et les vétérinaires ».

Nous étions sur le bon chemin.

LE COMITE TRAVAILLE, OCTOBRE 1995

Le 18 octobre 1995, réunion du comité d’expertise et d’évaluation du SSSM, lors de celle-ci le travail de la commission formation est présenté par le docteur LEBEYE C. Il se compose d’un tableau listant pour chacune des catégories de personnel du SSSM les missions, les niveaux de formation et les emplois correspondants.

La mission intitulée « soins d’urgence » dans le cadre de l’aide médicale urgente doit être modifiée. Pour les médecins –médecine d’urgence-, pour les infirmiers, l’expression –soins d’urgence.
Le représentant des infirmiers, le « Lieutenant DESCHIN JP », commente la partie du tableau concernant les infirmiers et signale que les soins d’urgence apparaissent en dernier, les infirmiers n’étant pas  encore reconnus juridiquement comme personnel du SSSM des S P.
Le sous-directeur de la DSC, Monsieur LALANDE, précise alors, que les « paramédicaux » ne figurent  pas dans le dernier projet de circulaire SDIS-SAMU.
Il faudra attendre la circulaire 151…

P67 : Visite de Monsieur Lalande (deuxième en partant de la gauche) qui accompagne le Ministre de l’Intérieur M. Debré, en visite dans un centre de secours.  
À la gauche du sous-directeur de la DSC, l’infirmière du CS, elle fut présentée au Ministre. A ses côté le médecin colonel Gérard Laurent, médecin-chef du SDIS 62, le lieutenant-colonel Alain Ancelin, DDSIS 62, ce directeur n’a cessé de promotionner les infirmiers de son SDIS.

Les travaux de la commission médecine du personnel sont  présentés par le lieutenant DESCHIN JP, M .le professeur  ACHARD étant absent. Le document élaboré se compose notamment d’une partie concernant les axes du travail de la sous-commission, du compte-rendu des travaux effectués, du projet d’élaboration d’un cahier des charges, de la mise en place d’un groupe de pilotage et d’une annexe décrivant le projet de véhicule santé prévention   (V S P).

C’est le SDIS 62, qui mettra en place le 1er V S P de France, grâce, il faut le dire, a l’intérêt porté  par le Président du SDIS62, Monsieur Krajewski, pour la santé au travail des personnels du SDIS.
 Sous l’autorité du Directeur départemental le Lieutenant-Colonel Alain ANCELIN, le médecin commandant C LEMBEYE,  fut chargé de  l’étude, la réalisation fut confiée à l’adjudant-chef  Régis RICARD, du service de la  logistique du SDIS62 et au lieutenant, Jean-Pierre DESCHIN , pour le SSSM.
 
P 68 : Le Véhicule Santé Prévention du SDIS62. Le « bébé » de Christian Lembaye ici en présentation au colloque des Médecins Chefs à l’ENSOSP de Nainville Les Roches
 
P69 : Une Infirmière SP au travail dans le VSP (à noter qu’elle porte sur les épaulettes les insignes distinctifs de l’époque).

Le thème essentiel de cette sous-commission est l’aptitude physique toujours réglementée par l’arrêté du 25 janvier 1964.M.LALANDE indique que la révision de ce texte sera entreprise car son contenu n’est plus adapté.
Le lieutenant DESCHIN JP, estime que les travaux de la sous-commission s’orienteront dans un premier temps vers un inventaire des expériences locales, pour déboucher ensuite sur une analyse et une réforme du texte de 1964.

1995, PASSER PAR LA FENETRE

La meilleure défense c’est l’attaque. On ne voulait plus des sapeurs-pompiers infirmiers pour les soins de l’avant. On les « bottait » en touche pour les missions opérationnelles. On les éloignait définitivement du cœur de métier, et du travail en équipe avec ses collègues sapeurs-pompiers. Il fallait réagir à cette injustice puisque, à la genèse, c’est cette place originale dans les soins  d’urgences de l’avant qui les a fait sortir de l’ombre.
On ne nous ouvrait pas la porte des soins de l’avant, et bien nous sommes passés par la fenêtre.

Le CE  SSSM S P, ayant validé un certain nombre de points qui relevait des missions au bénéfice des sapeurs-pompiers, donc interne au SDIS, il apparaissait comme tout à fait licite, de considérer que les partenaires de l’aide médicale urgente, ne pouvait refuser la promotion de ce que l’on appelle maintenant la santé au travail. En effet, la prévention, la médecine professionnelle, et l’hygiène, était donc notre domaine exclusif.

C’est à ce moment que nous sommes passé par la fenêtre, Christian Lembeye, lança l’idée de la prévention, et les soins aux sapeurs-pompiers en intervention, Jean-Pierre Deschin, fut chargé de la mise en œuvre d’une unité de « soutien  et d’assistance médicale», de convaincre le président de son SDIS, le Directeur et le médecin chef.

Ce qui fut fait, avec l’appui de G GILLIOCQ, le Président du SNSPP, du lieutenant Marc Laurent Président  de l’Union Départementale du 62, et du Lieutenant -colonel Régis Hornoy chef des moyens logistiques du SDIS62. En effet, le SDIS 62, sous l’impulsion décisive de son Directeur, le Colonel Gilles ARMADAN, fit  le choix de la modernité, et  situa le SDIS 62 à l’avant-garde dans le domaine du SSSM-1er VSS polyvalent, et 1er plan hygiène de France, pour les sapeurs-pompiers.

L’affaire était lancée, les futurs personnels, médecins et infirmiers sapeurs-pompiers, seraient sur le terrain des opérations pour soutenir leurs collègues, les soigner en urgence le cas échéant, et prévenir les défaillances physiologiques ou psychiques.

LES DIEUX ETAIENT AVEC NOUS :

En 1996, un événement, vint confirmer l’utilité d’un dispositif opérationnel de soutien médical. En effet alors que le SDIS 62 avait retiré un VSAB de son parc opérationnel, pour permettre au lieutenant infirmier JP Deschin, de le faire agencer et  équiper en « infirmerie mobile », par un bel après-midi d’été, cet ancien VSAB, transformé en « infirmerie mobile » se trouva déclenché au Touquet Paris Plage  pour un feu de forêt.
Un feu de forêt dans le Pas-de-Calais, ça n’est pas fréquent, mais il faut dire qu’il faisait très chaud, et qu’il s’agissait d’une forêt de pins en zone urbaine. Le véhicule venait d’être terminé, il était équipé et opérationnel, mais non encore validé par une instruction opérationnelle permanente.
 
P70 : Le VSS  Polyvalent du SDIS62, lors de sa première intervention. De face, L’Infirmier Patrick Delisle, (infirmier anesthésiste, au SAMU 62, à l’époque).De dos, un SP, se faisant soigner.

La station directrice que l’on appelle maintenant le C O D I S, ayant eu connaissance que de nombreux sapeurs-pompiers engagés sur le sinistre, étaient victimes de malaises et de petites blessures, décida d’engager le fameux véhicule. Deux sapeurs-pompiers infirmiers furent déclenchés et envoyés sur les lieux, le médecin sapeurs-pompiers du secteur n’étant pas disponible dans l’immédiat.
L’opération de  soutien sanitaire  fut engagée, elle dura deux jours. Une trentaines de sapeurs-pompiers ont été pris en charge, pour des petits soins, sauf un pour une plaie importante à la main, qui fut hospitalisée, l’ensemble fut hydraté et refroidi, et pas un des intervenants, ne fut mis en détresse physiologique.

La vérité était sortie du puits, la présence de l’infirmier sapeur-pompier était utile dans le domaine du soutien sanitaire, et le  soutien sanitaire était utile aux sapeurs-pompiers. L’infirmier pouvait être opérationnel, et donc dispenser des soins infirmiers sur le terrain aux sapeurs-pompiers, et par conséquent un jour aux tiers…, en attendant il se positionnait de fait à l’avant.
Le soutien des organisations syndicales fut massif, le Directeur de l’époque le Lieutenant-colonel Gille ARMADAN, valida l’expérimentation et fit rédiger par le service opération avec le concours de l’infirmier « dit principal », une instruction opérationnelle permanente en SOUTIEN SANITAIRE le 16 aout 1996

FEVRIER  1996 : LA GALERE

Les projets de loi relatifs aux services d’incendie et de secours et au développement du volontariat dans les corps de sapeurs-pompiers seront examinés en seconde lecture par l’Assemblée nationale en commission le 8 février 1996 et en séance publique le 15 février  1996.
La fédération pèse de tout son poids afin que le SSSM figure dans la loi.

Ce rattachement avait été prévu par l’avant-projet de loi, puis « abandonné » au motif que tous les membres du SSSM sont officiers.
Or, cet argument ne prend pas en compte la situation des 400 infirmiers. Il est regrettable que le projet de loi ne tranche pas la question de leur rattachement, comme l’observe dans son rapport M.HOUSSIN, Rapporteur au nom de la Commission des lois de l’Assemblée nationale.
La galère continue, le 28 février 1996, le comité d’expertise et d’évaluation du SSSM, a entendu le médecin commandant LEMBEYE sur le projet de formation initiale de personnels du SSSM (médecins, pharmaciens, vétérinaire et infirmiers).
Les membres du comité ont émis un avis très favorable à ce projet de formation et ont demandé que celui-ci entre en phase expérimentale.
Ce projet fut par ailleurs présenté au congrès  du SSSSM à ANGERS, les représentants des SSSM ayant regagné  leurs SDIS avec la sensation d’une avancée très positive. Pourtant les informations DSC qui ont circulé ensuite tendaient à démontrer qu’en ce qui concerne les infirmiers, ce positif se transforme en négatif. : L’INFIRMIER SERA EXCLU DU PROJET.

La formation sera réservée aux autres membres du SSSM ; Encore une fois après le chaud, le froid, nous étions remis au congélateur.
À cette désolante évolution du dossier formation, le représentant des infirmiers, demande au président de la commission santé de la FNSPF de contester cette orientation, qui plombera l’intégration des infirmiers au rang des officiers (et l’on comprendra l’importance du dossier formation, plus tard, lors des négociations pour  l’accès à la catégorie A).

P 71 : Les tables rondes s’enchaînent

Le représentant des infirmiers au nom du SNSPP interpella  les différents acteurs institutionnels, sous ces termes :

« L’heure est venue où la question des infirmiers doit être concrètement réglée. La pression de la « base» se fait sentir par des formes d’expressions inquiétantes : doivent-ils occuper une Eglise Parisienne ?
Leur message est clair le temps des discours est révolu.
Seule la sortie des décrets précisant leurs missions et leur rang pourra éviter les débordements ».

La fonction soignante est contestée et la formation bloquante. Contre toute attente, la mise en valeur des fonctions soignantes de l’avant a du plomb dans l’aile. Sous la pression de certains lobbies hospitalo-universitaires urgentistes, la tournure  du dossier devient davantage politique. Un écueil alors surgit à l’horizon : celui de la formation, et en particulier la formation se rapportant aux secours d’urgences.
En effet, celle-ci est un enjeu pour l’évolution du dossier des infirmiers tant pour les volontaires que pour les futurs professionnels. Volonté d’une formation de qualité, mais courte pour respecter la disponibilité des volontaires, en particulier les libéraux, craintes concernant les coûts, approche prudente du monde universitaire dont le label est cependant indispensable à la validation des pratiques soignantes, nécessitée d’une entente interministérielle, crainte des professionnels de santé, face à des contraintes nouvelles nous ne pouvions rater cette étape de l’histoire.

L’EMBELLIE DU MOI DE MAI …

La loi du 2 mai 1996, la loi SDIS, promulguée concrétise les efforts mutualisés… Enfin !
Elle  vient remonter le moral des troupes, cette loi relative au service d’incendie et de secours,   dispose que ceux-ci comprennent un service de santé et de secours médical (SSSM), Art I de la loi. PREMIERE VICTOIRE, cette victoire et celle de Claude GONZALEZ.

La « bataille » du décret sur l’organisation des SDIS commence,

JUIN 1996

LE LIVRE BLANC DES SSSM

Sortie du livre blanc sur le SSSM des SDIS par les services de la DSC, sous la houlette du Médecin Colonel Joël DAVID  Médecin inspecteur à la DDSC (qui a soutenu nos actions, de façon constante).
Nous y trouvons une page et demie sur l’infirmier, et une enquête sur notre spécificité.
La rédaction avait été confiée à JP DESCHIN.

Sortie également d’un numéro hors-série 1996, du JOURNAL OFFICIEL DE LA FNPF, sur le SSSM des sapeurs-pompiers. Les, infirmiers y figurent page 24 et 25, ces numéros sont diffusés à grande échelle au sein des SDIS, et permettent de vulgariser la connaissance du SSSM auprès des SPV et SPP. La rédaction en avait été confiée  également à JP Deschin.

1996 : LES INFIRMIERS VIRTUELS -ANECDOTE- :

Le rassemblement national  des JEUNES SAPEURS-POMPIERS à LIEVIN dans le PAS DE CALAIS, des infirmiers virtuels sont présents et assurent le soutien sanitaire.
En effet, 11 sapeurs-pompiers dont la profession est infirmier, encadré par un médecin SP, le médecin commandant E MOREL, sont présents pour cet événement fort, où sont présents les autorités de la DSC, les membres dirigeant de la FNSPF, les représentants des élus territoriaux locaux dont des futurs ou anciens ministres, enfin les jeunes sapeurs-pompiers de toute la France et leurs parents.

Les infirmiers ne firent pas de figuration, ils prirent en charge 80 malaises, 7 accidents  dont un blessé sérieux qui fut transféré au CHR de LILLE pour un trauma facial.
Mais cette présence n’aurait pas eu lieu sans la bienveillante et déterminée impulsion du Directeur Départemental de l’époque le Colonel Alain  ANSELIN, à qui nous devons à cette occasion une « fière chandelle ».
 
P 72 : Les Infirmiers du SDIS62 qui ont assurés le soutien Sanitaire , accompagnés du Colonel Alain Anselin DDSIS , et du Médecin Commandant Eugène Morel (Futur Médecin-Chef du SSSM SDIS 80

La cerise sur le gâteau, du jour, fut « l’infirmier virtuel », l’infirmier  avait été nommé ainsi par un  haut représentant de la DSC de l’époque, l’anecdote ayant été narrée au président d’Union des SP 62, un ami inconditionnel des infirmiers, le Colonel R HORNOY, celui-ci proposa aux ISP qui étaient engagés pour le  soutien sanitaire, de décrire autour de ce haut responsable, un grand cercle «  virtuel ». Ce représentant de la DSC, Colonel de son état le pris avec fair-play, et se positionna assez favorablement pour les ISP, par la suite.
 
P73 : Le 1° Véhicule de Soutien Sanitaire de France , ici déployé au Touquet Paris Plage

NOVEMBRE 1996 : LE TEMPS PASSE A L’ORAGE

Les infirmiers SP commencent à inquiéter le S N A M  U.

Le 26 novembre 1996, un directeur de Centre Hospitalier, sous la pression d’un « éminent » médecin-chef de SAMU, émet une note de service. Cette note, fait savoir aux infirmiers de son établissement qui sont sapeurs-pompiers volontaires, qu’à plusieurs reprises, il a été amené à constater que du personnel soignant exerçait une activité dans les services de secours, voire de sapeurs-pompiers.

Il rappelle que le statut du personnel préconise que pour exercer une autre activité, notamment dans un domaine entrant en concurrence avec le service public de santé, même à titre bénévole, le personnel en cause doit recueillir l’accord de l’autorité investie du pouvoir de nomination.
C’est pourquoi, il invite sans délai les agents qui se trouveraient dans cette situation très irrégulière à «  m’adresser leur demande d’autorisation afin qu’elle puisse être appréciée au cas par cas, en m’indiquant si des rémunérations ou indemnités sont perçues. »

P74 :  Le logo du SNSPP

L’association des infirmiers rattachée au SNSPP, joua son rôle et demanda au juriste de ce syndicat d’organiser la riposte, ce qui fut fait. La DSC fut interpellée, et géra à son niveau le dossier, et l’affaire fut classée.
Il y eut encore quelques autres tentatives d’intimidations à l’encontre d’infirmiers SPV, agents hospitaliers, mais le SNSPP fit intervenir les cabinets des Préfets des secteurs concernés…

Une anecdote encore mérite d’être relatée sur ces tentatives d’intimidation :

Un feu important s’était déclaré sur un train dans le Tunnel sous la Manche, le plan Binational fut déclenché et des personnels engagés. A cette époque les personnels Sapeurs-Pompiers Volontaires n’avaient pas accès au Centre de Secours du Tunnel Sous La Manche ; Sauf que ce jour-là, il devenait difficile de faire le tri entre professionnels et volontaires engagés dans les engins de secours. Des personnels Infirmiers SPV ont également été engagés, en particulier un futur Infirmier d’Encadrement de SPP, à l’époque Sergent –Chef, Jacques Bourgois, qui connaissait bien la structure du Tunnel Sous la manche pour y avoir exercé six ans  durant la phase de construction. Il se trouvait alors au Poste de Commandement Opérationnel à la gestion SAP. Il occupa ce poste toute la nuit et une partie de la journée du lendemain. Au PCO se trouvait également le médecin-chef du SAMU et son équipe, qui avait demandé le déclenchement du plan (futur plan Blanc) à l’hôpital de Boulogne sur Mer et Calais. Jacques Bourgois exerçant à l’hôpital de Boulogne sur Mer en qualité d’Infirmier Anesthésiste informa immédiatement le CH Boulogne et demanda si sa présence était requise auprès de l’établissement hospitalier : le cadre de service lui précisa que non et qu’il pouvait rester sur le site du Tunnel sous la Manche. Quelle ne fut pas sa surprise d’apprendre quelques semaines plus tard, que le médecin-chef du SAMU demandait auprès du CH Boulogne qu’une action soit menée contre Jacques Bourgois pour n’avoir pas gagné l’Hôpital de Boulogne. Grâce aux excellentes relations professionnelles liées en interne avec les équipes du CH Boulogne aucune suite ne fut donnée et cela fut classé. Mais il s’agissait de vouloir faire un exemple ! Cet Infirmier Sapeur-Pompier avait su prendre en charge cette nuit-là une part importante dans l’organisation des secours, démontrant par la même occasion le rôle Infirmier Sapeur-Pompier au sein d’un PCO, ce qui avait fortement déplu aux autorités du SAMU !

FIN 1998, LE SNSPP INTERPELLE LA DSC :

JANVIER 1997

LA DER DES DERS…

Le 18 janvier 1997, le groupe de travail sur les infirmiers, sous l’impulsion de Claude GONZALEZ, organise une réunion de « clôture »au SDIS de MACON.

P74 : Réunion ISP et des coordinateurs départementaux

Nous pensons que celle-ci sera la dernière du genre. Le colonel Bernard JANVIER Président de la FNSPF y est présent, il a soutenu dans tous les moments critiques et sur le long terme. À cette occasion, les infirmiers présents lui ont exprimé leur reconnaissance.

P 75 : Bulletin de Participation au Colloque de Macon, adressé à Patrick Chanteperdrix , un des Pionniers ISP

Les derniers messages et mots d’ordre sont passés, la première époque  s’achève.
Les infirmiers coordinateurs présents entérinent  la définition des missions à défendre lors de l’ensemble des négociations avenir ; pour le décret sur l’organisation du SDIS, les circulaires d’applications qui en découleront. Pour le statut des infirmiers volontaires : la formation initiale qui devra passer par une reconnaissance de la santé (via l’université). Le cadre d’emplois des infirmiers professionnels, s’ils existent un jour, ainsi que les formations qui en découleront devront recevoir également cette reconnaissance.

Les missions à destination des infirmiers des CS et Etat-major : Par ordre d’importance stratégique :

Aptitude et soutien sanitaire
Formation donnée
Logistique médico-secouriste, hygiène
Soins infirmiers d’urgence

Participaient à cette réunion les coordinateurs suivants, ou leur représentant :

- 67 : SCHOLLER   J-P
- 40 : PUYFAUCON
- 74 : SIMONEAU
- 03 : DEJEAN M
- 26:  CHANTEPERDRIX P
- 04: BIANCHERI S
- 07 :VIALAR M
- 77: MUNSCH D
- 73: D’ANDREA W
- 85: JEANNIN J-L
- 63 : JOUANADE  D
- 60 : ROLAND P
- 37 : PAYS J
- 11 : GRAS T
- 03 : POTONEC D
- 44 : LELIEVRE A
- 67 : SONDAG P
- 77 : DUBROUS V
- 83 : PUGNAIRE C
- 66 : MASSON C
- 69 : OUILLE B
- 24 : SANCHEZ C
- 30 : PETIT A
- 30 : VIGNEAU P
- 53 : GALLAIS
- 19 : POMMIER T
- 74 : LECOMPTE
- 01 : MONOD
- 58 : GUILLARD
- 62: DESCHIN JP
- 62: BOURGOIS J.
- 29:AUBARD B
- 01: BERGER.

DECEMBRE 1997

LA RECONNAISSANCE

Le 24 décembre 1997, promulgation du décret 97-1225 sur l’organisation des SDIS ;

1a première victoire le fameux décret et enfin sorti. L’infirmier y figure, il pourra être volontaire ou temps plein, en cadre d’emplois. Les missions sont réglementées par l’article 24.
Les missions ne sont pas cloisonnées par professions de santé mais dévolues au service dans sa globalité ; charge à son médecin chef de reporter les activités et tâches selon les compétences  des différentes professions : médecins, infirmiers, pharmaciens et vétérinaires.

Pourtant le parcours n’est pas terminé, et le groupe de travail embraye d’emblée sur le processus de négociation pour la promulgation des autres décrets et arrêtés, sur les statuts et cadres d’emplois et aussi sur la formation. Alors, que le décret 99-1039 relatif aux sapeurs-pompiers volontaires avec la déclinaison des infirmiers, ne sortira que le 10 décembre 1999, et le décret 2000-1009 portants statuts particuliers du cadre d’emploi des I S P PROFESSIONNELS, devait sortir le 16 octobre 2000.

MAI 1998

EN ROUTE POUR LE TROISIEME MILLENAIRE AVEC LE CONGRES DE TOURS


Les 7,8 et 9 mai 1998, se tient à TOURS le 9e Congrès national du SSSM des S-P,
Le thème en est « LE SSSM DU TROISIEME MILLENAIRE »
La journée du 8 mai est réservée aux INFIRMIERS SAPEURS-POMPIERS.
Forts de la réunion des coordinateurs qui s’était déroulée à MACON, le 18 janvier 1997, et ayant vu ses objectifs validés par la FNSPF et le SNSPP. Trois grands sujets furent retenus pour les tables rondes et communications à destination des infirmiers.

- La formation initiale et continue de l’I.S.P
 
(Nous avons pris conscience –LEBEYE, DESCHIN, MUNSCH, GONZALEZ, que l’orientation prise pour les modalités de la  formation est reconnue par les instances professionnelles de la profession d’infirmier et de la santé ; mais également des sapeurs-pompiers. La validation du projet de formation  sera   le point d’orgue, donc la clé, pour aboutir au statut.)

- Rôle de l’ISP, dans le processus de formation des personnels sapeurs-pompiers.
- Rôle de l’ISP, dans le cadre des missions de soutien sanitaire aux SP en opération.
- Rôle de l’ISP, dans le cadre de l’hygiène, la sécurité, la prévention et l’éducation en matière de santé.
- Rôle de l’ISP, dans le cadre du secours à personnes et de l’AMU.

A  noter qu’à l’époque de cette orientation, le secours à personnes passait pour un vœu pieux, mais nous avions prévu de contourner « l’obstacle » par l’engagement opérationnel  du SSSM dans le cadre du SOU-SAN dont  l’ISP  devait être partie prenante…Il s’en suivit, plusieurs expériences concluante dans le 77,  le 06 et le 62.
 
P76 : L’AMI 06, en mission

Nombreuses ont été les communications des infirmiers, et les rencontres.
Une fut particulièrement singulière, nous avions grâce au Président de la FNSPF, obtenu une rencontre avec Monsieur CHEVENEMENT, alors Ministre de l’intérieur.
Celle-ci  se déroula dans un esprit d’écoute mutuelle, bien que l’ambiance fût tendue, le dossier formation fut évoqué, ainsi que la nécessité de promulguer rapidement un cadre d’emploi clair, pour les sapeurs-pompiers infirmiers. Nos messages étant passés, nous  attendions le retour après filtrage de la DSC, mais un événement vint tout annuler, le Ministre avait fait un arrêt cardiaque.

Mais le combat devait continuer et il fallait encore secouer le « cocotier ».

Des protocoles d’actions entre un SAMU et les Infirmiers d’un SDIS

Le 15 décembre 1998, des protocoles d’actions entre un SAMU et un SDIS, furent mis en œuvre pour les Sapeurs-Pompiers Infirmiers, dans le cadre de l’engagement opérationnel de ces derniers.
 
Toujours fidèle à sa stratégie de démontrer par l’expérimentation la véracité de nos propositions  quant aux missions à attribuer aux infirmiers et décider à justifier la présence de celui-ci a l’avant, c’est à dire, là où il avait émergé, le groupe de travail (FNSPF-SNSPP), sur le statut des infirmiers, lance une action au SDIS 62.

Elle avait pour objectif d’établir une série de protocoles d’actions entre le SAMU local et les infirmiers sapeurs-pompiers, pour un engagement opérationnel dans le cadre du secours à personnes.

L’accord préalable et l’accompagnement des autorités concernés : le Directeur du SDIS 62, le lieutenant-colonel Alain ANSELIN, le médecin-chef du SSSM, le colonel Gérard LAURENT (médecin volontaire- anesthésiste-réanimateur, médecin-chef du SMUR et du service des urgences du CH Béthune), le Médecin-chef du SAMU62, le Docteur Pierre SOPHYS, ayant été obtenus.
La conception ayant été confiée par le groupe de travail et le médecin-chef du SSSM, pour le SDIS à l’infirmier « dit Principal », Jean-Pierre Deschin, lui-même membre du groupe et gestionnaire des expérimentations à destination des infirmiers, et pour le SAMU, au docteur VANOOTHEGEN.

Il faut replacer le contenu de cet accord et de l’argumentation développée, dans le contexte de l’époque.
Le décret du 26 décembre 1997 venait d’être promulgué, que peu de monde en interne au SDIS comme en externe avait assimilé l’article 25, du chapitre IV, il fallait faire donc preuve de pédagogie, et même plus…   

Ironie du sort, jamais nous n’aurions pensé qu’au congrès de  la FNSPF, à MARTIGUE, en 2004, nous ferions, avec l’aide du Docteur JULIEN, « sortir » la fiche technique sur les protocoles, sous l’égide de la DSC.

Voici donc en l’état le contenu des protocoles.


1999 : LA FETE CONTINUE

Le 24 décembre 1999, un projet d’arrêté fixant les tenues, insignes et attributs des SP, précisant leur port pour les infirmiers.
Et là il faut se rendre à l’évidence, les infirmiers ne figurent pas encore dans le statut des SPV  et dans le cadre d’emploi des SPP, ils se voient  attribuer des épaulettes de drap.
Néanmoins, il est dès lors, identifiable. Mais la « bagarre »pour les insignes de grade ne fait que commencer … .

JUIN 95 : MARS 1999


LA FORMATION DES INFIRMIERS VOLONTAIRES

Le groupe de travail formation initiale d’application et de formation continue des personnels infirmiers volontaires du SSSM (dans le cadre du comité d’expertise et d’évaluation du SSSM des SP) propose  aux membres du C.E.E. du SSSM des S-P, les axes de la formation initiale expérimentale des ISPV.

Le binôme médecin infirmier doit partager une culture commune, tant en ce qui concerne la connaissance de l’institution sapeurs-pompiers et son environnement, que de l’exercice des missions énoncées dans le décret 97-1225 du 26 décembre 1997, relatif à l’organisation du SDIS ;
La qualité de la formation, le perfectionnement des savoir-faire, l’évaluation continue qui ont été proposés et validés par le C.E.E du SSSM, ont été le fil conducteur de la réflexion du groupe.
Il est à noter, que le représentant infirmier du Comité (JP Deschin a suivi l’intégralité des modules de la formation universitaire à STRASBOURG et BORDEAUX et également à l’INESC, et enfin que les infirmiers SP ont été acteurs dans cette formation à l’occasion des travaux pratiques en biométrie pour la santé au travail et les gestes d’urgences intubation, pose de voix veineuses…) en ce qui concerne le module urgences.
Au vue de l’évaluation de la formation dispensée lors de la première session du D.I.U. SSSM  mention médecin, le schéma de formation comprenant un module Sécurité Civile (tronc commun + secourisme), un module santé publique, un module urgence peut-être adapté pour un processus de formation à destination des infirmiers volontaires.

À l’instar des formations universitaires validantes déjà existantes à l’usage des infirmiers, le D.I.U. SSSM « mention infirmier »pourrait être crée, permettant ainsi d’instaurer une formation initiale d’application nécessaire à l’engagement et au recrutement d’infirmiers au sein des SDIS, pour un objectif de cohérence du SSSM.

À noter, que nos contacts réguliers avec les universitaires, en particulier avec les gestionnaires de la formation au D.I.U.S.T., et en particulier avec Mme. FANCHETTE, mais également avec la santé et ses écoles de formations, nous ont permis d’être dans les premiers à comprendre, que « l’Europe » induirait des changements fondamentaux : c’est-à-dire, que la reconnaissance du niveau de la formation des infirmiers passerait par la validation universitaire et par le modèle M.L.D….

Néanmoins, en vue de respecter l’identité professionnelle de chacun et de permettre l’anticipation des procédures médicales, il serait judicieux de composer les modules sur le principe suivant :

Les connaissances médicales théoriques sont nécessaires à l’infirmier sapeur-pompier en situation, non pas dans le dessein de prescription dans le cadre de l’urgence ou de substitution au médecin SP pour la détermination de l’aptitude du sapeur-pompier, mais bien pour optimiser la collaboration, la complémentarité et l’efficacité du binôme médecin infirmier.

À noter, que la stratégie de l’époque, se verrait profondément révisée du fait de la baisse de la démographie médicale donc de la disponibilité de médecins de sapeurs-pompiers volontaire.

En conclusion, il est nécessaire que les principes de ce dossier soient validés par le Comité d’Expertise et d’Evaluation du 30 mars 1999, afin que les infirmiers inscrits dans le décret de 1997, puissent répondre intégralement aux missions du SSSM.
Ceci, au profit des populations secourues et des sapeurs-pompiers des SDIS, et, bien entendu, en accord avec les partenaires de l’Aide Médicale Urgente.

CONSTITUTION DU GROUPE DE TRAVAIL « FORMATION - INFIRMIERS VOLONTAIRE :

- Formation initiale et continue des infirmiers volontaires :

Capitaine (Cadre supérieur de santé), DESCHIN JP, membre du comité d’expertise et d’évaluation, coordinateur du groupe.
Madame FANCHETTE  Jeannine, Université Louis Pasteur de Strasbourg, gestionnaire de la formation au D.I.U.S.T, et Présidente du Groupement d’infirmier du travail. (G.I.T.).
Infirmière principale PETIT A, du SSSM 30  pour le module urgence.
Sapeur infirmier AUBART B, SSSM 29 liaison avec les infirmiers libéraux, module santé publique.
Lieutenant, infirmier principal, CECCON P, SSSM 06  module urgence.
Sapeur, infirmier principal, PUYFAUCON, SSSM 40, module urgence.
Sapeur, infirmier, REBRICARD SSSM 40, module santé publique.
Lieutenant, infirmier principal, GRAS T, SSSM 11, module urgence, urgence et publique.
Sergent-chef, DUBROUS V, SSSM 77, module urgence.
Sapeur, infirmier principal, SZYMANSKI JC, SSSM 80, module santé publique.
Sapeur, infirmier principal, COLLIN, SSSM 35, module urgence et publique.

À l’issue des travaux de ce groupe et d’un séjour à  Artigues près de BORDEAUX, les premières fiches emplois furent élaborées, et servirent plus tard de toile de fond pour la mise en « musique « du référentiel des SSSM et de l’arrêté de novembre 2002 relatif aux modalités de la formation initiale des I S P.

De toute évidence le sujet de la formation s’avère  capital, son déblocage  était nécessaire avant toute parution d’arrêté d’application en lien avec les textes instituant le statut.
C’est ainsi que de juin 1995 à mars 1999, se sont déroulées des négociations positives en vue d’une formation validante :
Validation d’un cursus initial d’officiers de sapeurs-pompiers volontaires, et plus tard souhaité de professionnels par un brevet, mais aussi de capacités relevant de l’exercice de l’art dans le domaine de la santé publique (qui deviendra plus tard la santé au travail) et les soins infirmiers d’urgence (alors ,que dans cette période une opposition  tenace de la part du SNAMU perturbait nos relations avec l’université et la DSC ,en la matière ) ,permettant aux infirmiers de se voir décerner un diplôme interuniversitaire d’infirmier de sapeurs-pompiers volontaires.



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