ISP d'où viens tu? Partie 3

 

ISP D'où viens tu? De Versailles dans l'ombre au conseil des ministres de la république.
Partie 3:


DEUXIEME GUERRE MONDIALE 1939/1945

La «  guerre éclair », la déroute des Armées françaises, l’armistice, occulta durablement l’héroïsme des groupes et des individus engagés dans les combats et leur corollaire immédiats, la résistance. Les personnel de santé et en particulier  la composante infirmière fut laissée dans l’ombre de la postérité, pour mettre en lumière, et a juste titres nos valeureux combattants et leurs chefs.
Personne ne se souvient de, Jean-Marie Goy, quartier-maître infirmier, engagé en 1939 à la 14eme  section d’infirmier de Lyon. Affecté à l’hôpital militaire M. Lévy de Marseille, il accompagne des blessés par trains sanitaires, il a la lourde charge pendant la débâcle, de convoyer  souvent sans médecin les blessés instables, il met en place des mesures de soutien en matière d’hygiène, pour pallier la carence de la logistique.

Jean Marie GOY

 

Décoration

Son unité étant réformée, il est affecté sur l’escorteur « Ejoué ». Jean-Marie Goy fidèle   à son engagement transcende son potentiel de soignant de l’avant lors des engagements de combats. Lors d’une mission d’escorte, il périt  en mer près de Gibraltar après le torpillage de son bâtiment par un sous-marin allemand. Il est porté disparu, hommage lui fut rendu, il est  décoré de la Croix de Guerre 39/45, et la Médaille Militaire.

Se souvient-on de Rosine Crémieux, Elle a fait partie du groupe des sept infirmières de la grotte de la Luire, dans le massif du Vercors, qui soigna les résistants blessés.
L’été 1944, la grotte de la Luire fut le théâtre d’une attaque sanglante qui se solda par le massacre de 35 résistants soignés dans cet hôpital de campagne et l’arrestation du personnel infirmier.

ROSINE CREMIEUX

Rosine Crémieux

Les sept infirmières, dont Rosine Crémieux, furent expédiées depuis Lyon au camp de Ravensbrück.
Ces infirmières avaient  assumé les soins requis aux résistants blessés ou malades, ceci dans les pires conditions. L’accompagnement au plus près des combats nécessita pour elles d’adapter leurs pratiques et la logistique qui conditionne cet exercice. Leurs actions de soutien psychologique ne furent pas limitées à la zone de combats, mais fut prolongée dans les pires moments de la «  marche de la mort » en 1945 lors d’évacuation du camp de Ravensbrück.
 Le service de santé des Armées bien plus tard s’en inspira.

À la même période, du côté américain l’US ARMY projeta sur le front  ses infirmiers militaires en situant les infirmières dans les postes de soins de l’avant tout en renforçant les hôpitaux militaires de l’arrière.

Soldat dans un trou d’hommes

Par cette préservation des compétences, L’US Army a permis de sauvegarder des centaines de milliers de vies. Les progrès technologiques bondissant en période de guerre, les soins hospitaliers n’échappèrent pas à la règle : le Médical Département, utilise le Penthotal, le protoxyde d’azote et des anesthésiques volatiles en circuit fermé.

Insigne du « Nurse Corps ».


La transfusion sanguine  ou de plasma sera utilisée sur le terrain des combats. L’intubation trachéale abandonnée depuis 1896, sera à nouveau pratiquée, la perfusion pour le remplissage vasculaire des blessés choqués sera réalisée sur place et pendant les évacuations, ainsi que l’utilisation de seringues autos injectables de morphine, et l’administration de l’antibiothérapie précoce. Ces actes étant réalisés par les médecins et infirmiers militaires. Du Médical Département.

Nombre d’infirmiers militaires  d’infirmières mais également de médecins et de brancardiers du  « médical département » périrent à leur poste.

En 2O11, le 3 mai, le Président Barack Obama officialise la promotion au grade de Lieutenant Général du Major Général Patricia Horoho actuel directeur adjoint du département médical de l’US Army. Elle sera par consequent nommée 43e « Surgeon General of the US Army and the Commanding General,  Army Medical Command ».

Navy Nurse Corps


En 236 années d’existence, cela sera la première fois que ce poste est confié à une femme et que le « The Surgeon General » sera issu du « Nurse Corps », une infirmière est à la tête du service de santé de l’US Army.   .Que certains  médecins-chefs professionnels, de sensibilité Bonapartiste, se rassurent les infirmiers d’encadrement ne sont pas à la veille de diriger les SSSM, le grade de général n’ayant pas  encore été créé dans les SDIS.

LA GUERRE D’INDOCHINE -L’ALGERIE

Pendant la guerre d’Indochine, Geneviève de Balard, infirmière diplômée exerça en qualité de convoyeuse de l’air  au sein de l’armée de l’air français.

Genenviève De Balard

À sa demande, elle rejoint le conflit en Indochine à partir de mai 1953 et s’illustrera, entre autres, a Dîen Bîen Phu, au côté du docteur Paul Grauwin, médecin-chef de l’hôpital de campagne. Seule femme dans le camp, au moment où la bataille était perdue, alors que les autres personnels médicaux masculins y étaient plutôt hostiles, elle mit en place un soutien sanitaire des soldats en essayant d’améliorer les déplorables conditions d’hygiène et d’alimentation, en soutenant le moral des soldats blessés ou malades  participa aux soins d’urgences et a l’accompagnement des innombrables mourants.

En 1954, Monique Marescot du Thilleul, infirmière capitaine de l’armée de l’air, membre de l’équipe  « Indochine sud », assura, à bord d’un Dakota, entre Louang Pra bang et Saigon, l’évacuation sanitaire de nombreux soldats victimes de blessures graves, «  concédés »par le Vietminh après la chute de Dîen Bîen Phu.

Insigne Militaire
Brevet d’Infirmier Convoyeur
de l’Air MITHA SSA

Nombreuses ont été les infirmières convoyeuse de l’air, tuées par le feu ennemi ou en service commandé parmi lesquelles :
- Berte Fiant, au Maroc ;
- Lucienne Juste ; Dalat, en juin 1947 ;
- Anne-Marie Rouanet : en mer, octobre 1947 ;
- Colette de Lauriston ;-Jeannine Bourbon ; Lucienne Just, en 1947 ;.
- Béatrice de l’Epine : Phnom Penh, en novembre 1948 ;
- Cécile Idrac ; Pointe-Noire (Congo sur Halifax, en septembre 1949) ;
- Geneviève Roure, en 1951 ;-Gisèle Pons : Saigon, en août 1951 ;
- Jacqueline Domergue (dite Jaîc) :l’Arba Algérie sur hélicoptère H-34, en novembre 1957 ;
- Chantal Jourdy : Tizi-Ouzou (Algérie) sur H-34, en décembre 1959…

Blessé en cours de soins

INDOCHINE, SOIGNANTS DE L’AVANT

Suzanne Counord, infirmière diplômée en 1946, s’engage dans l’Armée, obtient son brevet de militaire parachutiste, au milieu des commandos parachutistes. Elle est  affectée dans une antenne chirurgicale près de la frontière chinoise dans la bataille de Lang son (route coloniale n°4), au cabinet cosy d’un dispensaire du Tonkin. Son bataillon, où elle était seule femme, y disparaîtra presque entièrement  « On ne pensait pas à soi, il fallait ramener les hommes en vie », racontait-elle. Après l’Indochine, où elle sera blessée au pied, Elle sera parachutée au camp retranché de Dîen Bîen Phu.

Suzannz COUNORD

Suzanne Counord rejoindra l’Algérie et reprend du service tout comme les convoyeuses de l’air engagées elles aussi dans les combats de la guerre d’Algérie, elles démontrèrent une fois de plus leur esprit d’abnégation, leurs compétences et le sens de l’innovation en matière de soins infirmiers.
 
LA GUERRE D’ALGERIE, AU SEIN DES COMBATS

La guerre d’Algérie
Commandos de Chasse











Un blessé en cours
d’évacuation sanitaire héliporté

UN TOURNANT MAJEUR : LA GUERRE DU VIET-NAM
1961/1973.

Un bléssé en cours
d'évacuation

L’armée Américaine confirma l’intérêt des soins infirmiers de l’avant, et développa après expérimentation et évaluation la profession de « paramédic »militaire. Technicien spécialisé de l’urgence, en particulier traumatologique et donc fondamentalement balistique lors de ce conflit, ces soignants disposaient d’une formation adaptée aux compétences attendues sur le terrain, sans toutefois atteindre le niveau infirmier qui nécessitait en plus des compétences en soins extra- hospitaliers, de nursing, d’aide psychologique et de réadaptation.

Depuis ils existent dans le monde entier, sauf en France.

Nés de la guerre de Corée en 1950, « l’ambulance aérienne » et ses hélicoptères, avec ses « paramedics » voire infirmiers embarqués portèrent ainsi secours à 372 947 combattants blessés entre 1965 et 1969 lors du conflit du Viêt-Nam.

Paramédic de l'US Army
Guerre du Vietnam
(Paradoxe, il est souvent appelé
"DOC" dans les films


La France des années 1946 1970 :AUX OUBLIETTES

Après la guerre, la France restructure ses institutions, l’organisation des secours est oubliée,
Point de standardisation des prises en charge, de matériels spécifiques, de vecteurs aériens. L’expérience orléanaise et les vœux pieux, de nos anciens, sont tombés dans l’oubli, la maxime du médecin colonel COT, des sapeurs-pompiers de Paris, « en situation de gravité, c’est l’hôpital qui va au blessé et non le blessé qui va à l’hôpital », n’est pas retenu.

Photo CARA

Le concept de défense passive n’est pas remplacé par celui de protection civile, Pourtant des pionniers luttent pour promouvoir la médicalisation au pied de l’arbre. Le professeur CARA s’inspire du concept  des secours suédois, et crée ce fameux service de transport médicalisé secondaire à Paris.

Fidèle à notre tradition, nous Français, campons sur notre superbe, ricanons  des Suédois, mais également de ces anglo-saxons qu’on nomme «  technicien d’urgences médicales »ou quelque chose d’à peu près semblable  et, qui s’agite autour des victimes sans même un docteur.

LA DIVERSITE EST REINE

De 1946, aux années 70,  en France  les secours aux blessés et aux malades, sont assurés  par des acteurs très différents les uns des autres.
Des ambulances municipales, des ambulances de la Croix-Rouge, de la Protection Civile des d’ambulances de sapeurs-pompiers - de façon sporadique ils interviennent pour les secours aux noyés, les électrocutés, les indigents -, des ambulances de grandes usines métallurgiques  ou de complexes pétrochimiques, des ambulances de sociétés de secours minières, les premières ambulances privées, les véhicules de police secours pour la ville de Paris.
Tous avec dévouement mais dans l’indifférence générale  sillonnent nos bonnes routes de France.
La profession d’infirmier évolue lentement, l’arrêté du 17 juillet 1961, révise le programme officiel de la formation. Il reconnaît la compétence de l’infirmière et la responsabilise notamment dans le domaine des soins d’hygiène et de confort. L’arrêté avait été devancé depuis longue date par les faits, par nos valeureuses pionnières, mais, il avait le mérite d’exister. La dimension psychologique et éducative est reconnue. En 1967, un accord européen du 25 octobre relatif à l’instruction et à la formation des infirmières précise les normes minimales d’exercice sont mises en évidence, l’infirmière n’est plus une exécutante

Ces vecteurs sont servis par des personnels de tous les types : le conducteur automobile de la commune, les permanents sapeurs-pompiers, l’employé municipal, l’ambulancier privé tenancier de café, l’électricien de l’usine, le gardien de la paix à Paris, parfois en équipe mais en règle générale seul dans l’ambulance. 

Ambulance de police secours

Certains hôpitaux se sont dotés d’un service d’ambulances, ils intègrent dans l’équipage une infirmière pour la surveillance des transports à risques, - hôpital de Laon dans l’Aisne, par exemple.

Bléssé de la route en
cours de relevage
(Sources FNSPF)


Enfin, progressivement le développement des ambulanciers privés sonne le glas des ambulances municipales, d’entreprises et parfois des pompiers. Il s’agissait d’artisans très disponibles qui mettaient à la disposition des pouvoirs publics des moyens respectables. Nombre de ces entreprises exerçaient  une activité dans les pompes funèbres ou assuraient un service de taxis. Ils étaient seuls également à bord des ambulances.

À noter que dans la zone Nord de la France les transports de prématurés étaient assurés par des taxis Lillois. Ils étaient conventionnés avec le CHRU de Lille, l’accompagnement était assuré par une infirmière puéricultrice, nous étions dans les années 67.

Aux USA, les compagnies,
d’ambulances privées, avaient vu le jour en 1946,
avec pour acteurs déjà, les  ancêtres des paramedics,
à l’image de la société ARMSTRONG
AMBULANCE SERVICE de Boston au Massachusetts.



























En règle générale le médecin et l’infirmier reste à l’hôpital, nombreux ont été les blessés transportés en  « urgence »et déposé aux bas des nombreuses marches à gravir  pour l’accès aux  salles d’urgences de l’hôtel-Dieu. Et, pour couronner le tout, allongé sur le dos, seul à l’arrière du véhicule ambulancier.
 Les seules avancées en matière d’emplois d’infirmiers (et de médecins) se feront en situation de guerre (Indochine, Algérie…), Mais seuls les Anglais  et les Américains au sortir de la guerre du Viêt- Nam transposent l’emploi du soignant de guerre en soignant pré hospitalier non-médecin « le Paramédic », notre cousin d’Amérique.

Nos Cousins d’Amérique, Paramedics,
Ambulances Armstrong, USA

BERNARD LAYGUES et PAULINE CATALAN, nous on dit
« VOUS AVEZ DIT PARAMEDIC »,  « COMME C’EST BIZARE».

Au stade de ce petit retour en arrière, les auteurs ne pouvaient faire l’impasse d’introduire dans le texte l’extrait  d’un article qui décoiffe, celui des journalistes  spécialistes en la matière : Bernard Laygues et de Pauline Catalan, qui traite pour la revue « Le Sapeur-Pompier » de novembre 2006 l’avenir du secours à victimes, n’hésitez surtout pas à le consulter.

GOD SAVE THE QUEEN !

Le Blitz (terme allemand voulant dire « éclair ») est le nom donné à la campagne de bombardements  stratégiques durant la seconde guerre mondiale mené par la Luftwaffe, l’aviation allemande contre le Royaume-Uni du 7 septembre 194O au 21 mai 1941.
Ces bombardements touchèrent principalement Londres mais également Coventry, Plymouth, Birmingham et Liverpool.
14 621 civils furent tués et 2O 292 blessés selon les chiffres officiels. Près de 3,75 millions de Britanniques évacuèrent Londres et les  principales villes.

L’efficacité et l’héroïsme du corps des ambulanciers et ambulancières  qui durant le Blitz assurèrent le relevage e, les soins (sous les bombardements) et les évacuations des malheureuses victimes, persuada  Elizabeth Bowes-Lyon, l’épouse du Roi Georges VI, à influer pour sanctuariser ces acteurs de l’urgence.
En effet, le pragmatisme des autorités et du corps médical britannique ,au sorti de la deuxième guerre mondiale, et en particulier le vécu du Blitz, leur ayant la spécificité de l’urgence de masse en milieu urbain, avait fait le choix radical de confier à des personnels spécialisés (non médecins non infirmiers) une pratique de soins d’urgences de bon niveau .Plus question de se borner au technique de secourisme ( first aid),certes utile et même indispensables, mais laissées au « firefighters »,policemen intervenants associatifs ou autres citoyens intéressés.
Ce fut donc grâce à l’influence de l’épouse du Roi Georges VI, devenue « la reine mère » sous le règne d’Elisabeth II, entourée d’un collège d’experts et de professeurs de médecine ,qu’un décret royal transforma nombre d’ambulanciers (ères) publics(ques),à l’héroïsme et à la compétence salué sous les bombardements ,en EMT  ( EMERGENCY MEDICAL TECHNICIANS = techniciens de l’urgence médicale ).( …).

Elizabeth Bowes-Lyon,
l’épouse du Roi Georges VI

D’où la mise en place, dans chaque comté d’une formation en école spécialisée, de stages hospitaliers et d’un diplôme officiel, au terme de  six moi intensifs. De quoi autoriser, selon de rigoureux protocoles médicaments établis, non seulement les  inhalations et insufflations de protoxyde d’azote à des victimes présentant des douleurs jugées insupportables, voire aggravantes.
(A l’heure ou s’écrivent ces quelques lignes, un ami m’interpelle, victime d’un accident de la route, entraînant pour lui des lésions  hyperalgiques, durant un relevage qui fut long, un renfort brancardage ayant été demandé  et le transport. Il  se disait stupéfait et attristé que les «  secours pompiers ,ne lui ont pas atténués ses douleurs intenables et qu’il fallut qu’il soit admis à  l’hôpital pour recevoir de la morphine  et enfin ne plus souffrir »,renseignements pris ,les trois secouristes l’ont pris en charge sans équipe médicale – le SMUR est à 10 mn - ,sans ISP alors que le secteur en  possède une permanence dans deux CS voisins, cherchez l’erreur !.En Grande-Bretagne dans les années 50, il aurait bénéficié de l’Entonox, je n’ai pas eu le cran de le lui dire…).

(… ) Ces EMT, administrent par voie orale ou parentérale des médicaments .Pratique déjà résumée en une phrase, qui plus tard deviendra le crédo des services d’ambulances anglo-saxons : « Skills to treat what kills » (« Des compétences pour s’attaquer à ce qui tue »), et cela durant la golden hour, cette «  heure en or » au terme de laquelle le malade mis en condition devra être acheminé à l’hôpital le plus proche. Rien de moins ; rien de plus ! Alors certes, « ramasse et évacue (à allure régulière) » mais pas sans examen clinique ni soins indispensables.
L‘essentiel sur place ; tout le reste dans de vraies et vastes ambulances sans commune mesure avec nos véhicules « sanitaires » de l’époque (…).
( Votre serviteur qui fut ambulancier dans sa jeunesse ,années 60,transportait des blessés  traumatisés crâniens en coma du lieu de l’accident, voir en transfert sur le centre de neurochirurgie distant de 50 km, seul au volant de l’ambulance 403 Peugeot avec un blessé seul à l’arrière livré à son destin.)

(…)Et ce n’était là qu’un début, eu égard à ce que chacun peut vérifier aujourd’hui dans l’ensemble des pays développés. Sauf en France. Et c’est bien là que le bât blesse.
Enfin il convient de préciser que s’inspirant du modèle britannique, et de leur expérience des soins de l’avant des infirmiers militaires durant les temps de guerres, les Etats-Unis firent évoluer le concept de «  life support » (préservation élémentaire de la vie) vers celui « d’Advanced life support (soutien techniquement avancé de la vie) et « d’Advanced  cardiac life support ».
D’autre pays ont suivi la démarche, à titre d’exemples : la Finlande, le Canada avec une restriction au Québec, Israël, l’Espagne, l’Autriche, la Suisse, les Pays-Bas, avec une particularité de taille qui pourrait inspirer les services d’incendies et de secours français. Au Pays-Bas le secours médical extrahospitalier dépend du ministère de la santé. La para-médicalisation de la victime commence dès l’arrivée de l’ambulance. L’équipe se compose de deux personnes, « un infirmier-paramédic »et un conducteur assistant.16 millions d’habitants défendus par 14OO infirmiers-paramédics, 1240 conducteurs d’ambulance assistants, 33O régulateurs encadrés par des infirmiers coordinateurs, sur 208 postes d’ambulances. L’infirmier-paramédic bénéficie d’une formation de quatre années, suivie par une spécialisation en cardiologie  de soins intensifs et d ‘adaptation à l’emploi.

« Ce mode de fonctionnement incluant des infirmiers de l’avant  va dans le sens de celui proposé par les instances de la Fédération, par la voix du vice-président le médecin colonel Jean-Yves Bassetti, en décembre 2OO6  « un groupe technique fédéral élabore actuellement un projet pour la mise en place d’une formation spécifique pour les différents acteurs. Le nouveau maillon dans la chaîne des secours serait constitué par les infirmiers, travaillant sur protocoles, (…) l’infirmier rendu autonome, peut accomplir des actes qui ne nécessitent pas la présence physique d’un médecin. ».C’est  donc de l’infirmier qu’il s’agit et non d’un infirmier-paramédic qui  lui, agit avec son éventail de compétences plus  élargi dans le cadre de l’exercice de son art professionnel.


ÉMERGENCE DU CONCEPT DE L’AIDE MEDICALE URGENTE

Pourtant en 1956, Le service mobile de réanimation est né. Il est installé à l’hôpital Necker et mis sous l’autorité de Professeur  Cara. Il est  chargé des transports des insuffisants respiratoires graves dans un rayon de 200 Km autour de Paris. Le premier transport, le 26/5/56  est celui d’un patient atteint de tétanos qui est ramené du Nord de la France à l’hôpital des enfants malades. L’équipage d’une ambulance se compose d’un médecin, d’un ambulancier et d’une INFIRMIERE du service des ambulances de l’AP.
Le Professeur Arnaud, chirurgien des Hôpitaux de Marseille, établit la notion de polytraumatisé au congrès de chirurgie de 1957, il lance le concept du secourisme moderne.
En septembre 1957, le Docteur Bourret met en œuvre une unité de secours aux accidentés de la route à Salon-de-Provence.
SOS Nancy est  créé en 1962, crée par le professeur LARCAN, un des pères des SAMU et de la médecine de catastrophe, ce que l’on peut définir comme le premier SMUR urbain.
En 1966, création de l’ambulance SOS au centre hospitalier d’ARRAS, l’équipe se compose d’un stagiaire interné et d’un aide-soignant du service des urgences, c’est le seul véhicule médicalisé au-dessus de la Seine, ce dispositif sera supprimé à la création du SAMU 62 le 4 avril 1978.

En 1967, premier transport primaire médicalisé (un médecin, un infirmier brigade, un secouriste), par l’ambulance de réanimation  n°1, de la  Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP).
En 1968, le 16 juillet, création du premier SAMU au CHR de Toulouse par le PR. LARENG.
Mais, malgré ces avancées, le concept ne se généralise pas. La médicalisation des secours, en réponse aux accidents de la route (de plus en plus nombreux par ailleurs), les accidents domestiques, du travail reste ponctuelle.

Des années 66 aux années 73, des ambulanciers hospitaliers, des sapeurs-pompiers, des ambulanciers privés, des secouristes associatifs, prennent en charge de façon sommaire  les blessés de la route, ou transportent le plus rapidement possible les malades en détresse aux urgences des hôpitaux.

Louis Lareng

Progressivement des « SAMU » se sont développés et « progressivement » l’infirmier intègre les équipes, Enfin, au terme de ce long périple, la loi sur l’AMU est adoptée le 6 janvier 1986. Défendue par le professeur et député Louis LARENG, elle étend le principe du SAMU aux autres départements français.

Merci aux pères fondateurs de l’aide médicale urgente, les professeurs :(1962) Alain LARCAN de Nancy, (1956) Maurice CARA  de Paris, (1965) Louis  SERRE de Montpellier,(1968) Louis LARENG de Toulouse  et à tous les infirmiers qui les ont accompagnés, sans oublier un haut fonctionnaire du Ministère de la Santé, Monsieur Coirié. Et d’autres père fondateurs de l’aide médicale urgents qui prolongèrent l’œuvre : le Professeur Pierre HUGUENARD, du SAMU du Val-de-Marne, pour le compte de l’Assistance –Publique, hôpitaux de Paris, le médecin chef de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, le colonel René NOTO, ( général ER).
Tous deux ont contribué à normaliser la composition des équipages des ambulances de réanimation : l’équipe pluridisciplinaire soignante le trinôme conducteur sapeur-pompier ou ambulancier, médecin et infirmier ou infirmier aide anesthésiste.

QUOI DE NEUF CHEZ LES POMPIERS ?

Pompes en action





Les sapeurs-pompiers pendant ce temps sont assez timorés, l’encadrement pense même dans certains départements que le secours aux blessés n’est pas vraiment le travail des pompiers, que les médecins sont là pour les « visites » quant aux infirmiers ? …..





LES INFIRMIERS PARLONS-EN …


Un long fleuve tranquille

Et bien c’est à ce stade, dans les années 77, qu’un observateur  à l’attention  attirée par un servant du VSAB, un sapeur-pompier en casque, bottes et cuir qui contrôle la pression artérielle d’une victime. Pose à cette victime, un cathéter veineux périphérique, s’adresse au médecin  dans le même langage que celui-ci, et enfin exécute les injections médicamenteuses prescrites par ce médecin. Un «  drôle de pompier »qui se débrouille seul avec les secouristes. Il perfuse, injecte, oriente en parfait accord avec le médecin SP ou hospitalier avec qui il converse par radio ou  du poste téléphonique fixe au domicile de la victime.

Sur le Calendrier en 1982:
un Lieutenant Infirmier

À ce moment, l’observateur veut  savoir.
- Qui est ce « soldat du feu ? »,
- Un « docteur  ?».

Un chef de détachement et infirmier
positionne les lances de 45



Eh bien la réponse est simple, mais insolite. Un sapeur-pompier volontaire, qui s’est engagé dans un Corps communal avec comme ses collègues « pompiers » la motivation franche de servir la collectivité, en participant aux missions « incendies et  secours » du corps de sapeurs-pompiers de sa commune, avec un plus, c’est un professionnel de santé et, il est infirmier diplômé d’Etat.


Au départ, de cette «  double vie », il fait comme ses collègues, il étudie le règlement de manœuvre. Il passe ses nuits à tenir une lance de 45 sur un incendie. Donne de son temps de loisir pour repeindre la MPR de 60 M3, ou pour fixer les casiers dans le VSAB, ceci  le dimanche matin, et, bien entendu, «  décale  » en VSAB, pour secourir un blessé.





LA NOUVELLE VAGUE

En somme une « nouvelle vague «  de sapeurs-pompiers,   femmes et hommes du feu et  soignants ».Ils sont présents la nuit et le jour aux côtés de leurs camarades lors des interventions... Ils collaborent en tant que professionnel de santé aux  visites médicales  faites par le médecin du corps, ils s’attachent à promouvoir l’hygiène, ils adaptent les équipements médicaux secouristes des VSAB, ils renforcent les rares moniteurs de secourisme de l’époque.

1979, Aménagement d’un VSAB, réalisation d’un menuisier du CS
et du SP Infirmier On notera la présence de l’ampoulier à gauche de
la photo dans lequel se trouvait toute la panoplie médicamenteuse,
dont le suivi était assuré par l’Infirmier en lien avec la pharmacie
de l’hôpital local. On y trouvait en particulier des hypnotiques,
des tonicardiaques etc. ….



 
















A noter que les solutés de perfusions sont en verre,
la grandeur de l’armoire à pharmacie, ,
la mise en place du code couleur .En fonction du soin ,
l’apparition des sondes d’aspiration, et la valise
d’approche contenant les consommables et matériels de soins
médicaux et paramédicaux .
Les infirmiers font évoluer la cellule sanitaire du VSAB .
On observera la valise noire de réanimation
circulatoire, ventilatoire avec matériel pour
l’Intubation réalisé par l’Infirmier …
…….





UNE
DOUBLE VIE

Dans ces années 70, quand ils « décalent », c’est de façon organisée et en bonne entente avec le milieu hospitalier de proximité. En effet, la majorité des infirmiers sont dans leur  « première vie  », des hospitaliers  publics ou privés. Ils exercent le plus souvent dans le service des urgences, en soins intensifs ou en réanimation. Un nombre restreint exerce dans les centres hospitaliers régionaux.
 

1981, Exposition matériels
Sapeurs-Pompiers et VL SAMU

Ceux qui pratiquent en secteur libéral sont très intégrés dans le tissu local et travaillent en bonne collaboration avec les médecins de sapeurs-pompiers, ainsi que les médecins libéraux de leur secteur d’activité.
Ce sont des professionnels de santé qui pratiquent donc au quotidien les soins  généraux et les soins d’urgences : poses de cathéters périphériques ; injections des drogues afférentes aux détresses pathologies  ou traumatiques ; intubations endotrachéales, (à l’époque la majorité des infirmiers  qui travaillent dans les SMUR naissants, ne sont pas des aides anesthésistes, mais, ont été formés pour la pratique de  l’intubation en situation d’urgence).
Ils sont aguerris à l’emploi de tous les appareils médicaux secouristes, qui à l’époque ne sont pas pléthore. Souvent au sein de l’équipe du VSAB composé  essentiellement de volontaires, les infirmiers  sont les seuls capables de réaliser des bilans fiables, il faut se souvenir que durant cette période l’augmentation exponentielle des interventions en VSAB, ne permet pas toujours «  d’aligner » en nombre les sapeurs-pompiers titulaires d’un diplôme de secourisme, ceci en particulier en secteur rural et semi - urbain.

PAS D’HISTOIRES DE CLOCHERS

Ces bilans sont en règle générale adressés au SAMU local, qui ne possède pas toujours une régulation médicale en prise directe avec les événements opérationnels. En effet, le médecin responsable du SAMU est bien souvent  le chef du service des urgences et de réanimation, voir un médecin anesthésiste du bloc opératoire.
Les autres médecins sont des anesthésistes  ou des réanimateurs médicaux, praticiens hospitaliers, de l’Hôpital, occupés dans leurs unités.

Ces praticiens pionniers ne peuvent  facilement se libérer pour une présence physique permanente dans ce que l’on commence sérieusement à appeler la « salle de régulation ». Du fait d’un emploi du temps très chargé, s’ils sont chefs, ils sont dans leur service  ou au bloc pour des anesthésies
Pragmatiques ils s’organisent pour la montée en puissance du concept. Aussi, les nombreuses voir la totalité des vacations  de « régulation » sont assumées pendant plusieurs années, par des infirmiers du SAMU-SMUR, et par des aides- soignants qui  deviendront bien plus tard les premiers PARM.

Les intégristes de l’Aide Médicale Urgente des années 2000, pourront s’insurger de ces pratiques, mais c’était la réalité. Qu’ils se rassurent, le médecin était toujours informé quand sa décision était légitime, et la confiance mutuelle régnait entre tous les acteurs. N’oublions pas qu’ils étaient tous  de « la deuxième génération des pionniers des SAMU ». Et afin de rassurer deux fois les sceptiques, il faut dire que les SAMU de  CHRU, Lille, Toulouse, Grenoble, Amiens ,Créteil… , ont assuré très vite une écoute médicale permanente.
Néanmoins, pour les premiers SMUR de « province », c’était soit l’infirmière, la  secrétaire ou l’aide-soignant des urgences  qui assurait la permanence radio,( radio  connectée  au réseau des sapeurs-pompiers,), pour répondre aux équipiers du VSAB, et donc à l’infirmier qui était à bord. Les SMUR  de secteur partant par ailleurs en intervention de leur propre initiative.

Le sapeur-pompier, infirmier, sur le terrain ou dans le VSAB, annonçait le bilan de la victime au permanent du SAMU ou des urgences du SMUR de secteur. Il réalisait les actes-conservatoires à la vie quand  le pronostic vital était engagé.

Par exemple : lors de l’incarcération d’une victime, il la mettait en sécurité, par la pose d’une voie veineuse périphérique, en informant immédiatement le permanent du SAMU ou du SMUR de secteur, qui lui, prévenait le médecin pour obtenir la conduite à tenir complémentaire.
Si l’urgence était vitale l’infirmier demandait le départ immédiat de l’équipe médicale ou du médecin de sapeurs-pompiers, quand il était disponible.

L‘intervention se faisait de concert entre les acteurs, les moyens étaient limités. Si l’équipe médicale se déplaçait l’infirmier lui laissait la préséance, elle prenait en charge la victime pour l’évacuation vers l’hôpital, le sapeur-pompier infirmier volontaire retournait «  chez lui », disponible pour le secteur (souvent ce même infirmier était le lendemain celui de l’équipe du SMUR).

Les histoires de clochers n’étaient pas à l’ordre du jour, l’heure n’était pas aux stratégies pour une chefferie dominante, pour la reconnaissance d’une expertise exclusive.
Non, l’objectif des acteurs de l’époque, était commun, il  les rassemblait.
Il s’agissait de promouvoir un mode de réponse graduée des soins pré-hospitaliers, pour une utilisation optimale des moyens mis à la disposition des populations à secourir en la matière.
Chaque jour confirmait la nécessité de tendre vers cet objectif.

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