ISP d'où viens tu? Partie 4

ISP D'où viens tu? De Versailles dans l'ombre au conseil des ministres de la république.
Partie 4:

Début des années 1990,   Quelque part dans le Pas-de-Calais :

LA PROXIMITE

Après avoir ingéré une appétissante assiette de crustacés garnie de nombreuses crevettes, un responsable d’une entreprise de transport s’étouffe, à son domicile. Son épouse le conduit chez son médecin traitant qui réside dans la même commune. Le médecin, diagnostique rapidement un œdème de Quincke, et fait appel aux sapeurs-pompiers. Nous sommes en milieu rural, le 15 n’existe pas encore ;  le 18 est décroché par l’employé de la mairie du chef-lieu de canton. La sirène retentit, les sapeurs-pompiers volontaires se rendent à la caserne et décalent avec le VSAB, un «  tube Citroën ».

Sur les lieux, ils trouvent un adulte en sueurs, il est bleu, gonflé, agité, il respire très mal. C’est le message radio qu’ils passent au permanent du Samu local, le médecin anesthésiste de garde et prévenu. Le gradé du VSAB, demande au centre de secours la présence de leur infirmier, ( qui est également leur sous-lieutenant, et infirmier au SAMU). Celui-ci, appelé sur son sélectif, quitte son domicile avec son véhicule personnel équipé d’un avertisseur sonore et lumineux de priorité, pour se rendre sur l’intervention. Pendant ce temps, le VSAB a pris le départ pour l’hôpital, une jonction est organisée avec le véhicule du sapeur-pompier infirmier.
Sur les lieux celui-ci confirme les signes cliniques. Il précise la nature du repas qui vient d’être consommé, pose une voix veineuse de sécurité, après un prélèvement de sang, et  place des électrodes pour le scope (un ATM).Les équipiers ayant mis la victime sous oxygénothérapie, en sonde nasale, l’infirmier du corps les ayant formés à la technique. Le médecin du SAMU par téléphone lui demande d’injecter en IVD, un corticoïde associé a une injection d’adrénaline en sous cutanée,   d’en vérifier l’effet, et de lui rendre compte, ce qui est fait toutes les cinq minutes pendant l’évacuation...

Une jonction est organisée, l’infirmier est rejoint par un véhicule lourd du SAMU,( les VLM ne sont pas encore en service), l’équipe médicale constituée par l’infirmier pompier et le médecin du SAMU, assure la continuité des soins de  la personne. Hospitalisé en service de soins intensif, le même médecin prolonge la prise en charge, tiré d’affaire deux jours après, ce monsieur retrouva dans ce même service l’infirmier des pompiers qui prenait son poste du matin.

L’ENTRAIDE

La sirène vient de retentir, deux coups, les volontaires se présentent au casernement.
Des ouvriers viennent d’être enseveli sous un amas de blocs de bétons, suite à l’effondrement des superstructures d’un silo de chaux qu’ils démolissaient. L’intervention se situe dans une grande sucrerie, le service de secours de celle-ci est déjà engagé, et n’arrive pas à localiser une des trois victimes.
Le  premier secours se présente sur les lieux ,un FPT, un VSAB, un VSR, le chef de détachement après reconnaissance des lieux et un recueil d’informations  auprès du chef de la sécurité de la sucrerie, confirme  par radio au CS la nature de l’intervention, et la problématique. Trois victimes, dont deux ensevelis, sous des dalles  en béton dans le cône inférieur d’un silo à chaux, l’ensemble est instable, l’intervention sera de longue durée, il demande le chef de Centre de Secours sur les lieux.
Le service de sécurité de la sucrerie fournis deux grues de levage, grande capacité, le chef de Centre sur les lieux demande le renfort du CSP du département voisin,( dans le Nord), une équipe du SAMU local, et l’officier de garde départementale.

Le dispositif est formé ,et complété dès l’arrivée des moyens de renfort du CSP voisin ;coussins pneumatiques,élingues,et cordages,(il faut dire que le GRIMP n’existe pas encore ,mais que les chefs des deux centres de secours engagés  ont équipé et formé les personnels à la pratique des « lots de sauvetage », l’entraînement se faisant dans l’ascension et la descente des clochers et beffrois du secteur), ce sont des adeptes de l’alpinisme de loisir.

L’ensemble sécurisé,dans l’attente de l’arrivée de l’équipe médicale,un sapeur-pompier s’introduit sous les dalles, aux prés du dernier  blessé  incarcéré,pare  les plaies accessibles,rassure la victime qui commence à paniquer,(les autres ont été sorties et évacuées) ;pose une voie veineuse avec un soluté de Ringerlacate,(flacon en verre) sur le seul avant-bras compatible.
Une sonde nasale de gros calibre et posée pour administrer de l’oxygène ;le blessé stressé n’accepte pas  le masque,la pose d’électrodes également n’est pas envisageable dans l’immédiat  ,l’encombrement du moniteur ,un ATM,ne lui permet pas de le faufiler au prés du blessé.
Le dispositif  de perfusion a été assemblé par un autre sapeur-pompier, placé a l’entrée de l’excavation,( c’est le pompier qui a posé la perfusion qui le Formé a cette pratique  lors des manœuvres du CS), Ha !,j’oubliai, le pompier qui vient de poser la perfusion est aussi dans son autre vie, infirmier surveillant au SAMU  local.

L’officier chef du CS local prend le commandement du chantier ou se trouve la dernière victime, et l’officier chef du CSP voisin venus en renfort, prend  le commandement de l’ensemble du dispositif. Ha ! , oui ! J’oubliai  l’officier du CS local, est aussi l’infirmier qui vient de soigner la victime dans l’attente du SAMU.

L’équipe médicale se présente sur les lieux, le médecin chef, anesthésiste s’est déplacé a la demande de l’infirmier (SP), et prescrit des soins complémentaires, dont l’administration de morphine, a l’infirmier (SP), au fond du trou.

Enfin la victime est dégagée, la remonte après deux heures trente minutes  environs d’incarcération et de compression est engagée. La perfusion est arrachée dans la remontée, mais  à la décharge des  intervenants de l’époque les équipements et la maîtrise d’une telle manipulation  était  à perfectionner.

L’infirmier (SP), qui est aussi l’officier chef du CS local, ne peut remonter, il  doit superviser le désengagement des effectifs engagés au fond du silo, c’est alors  l’infirmier du SAMU, qui au jour, repose la perfusion, le médecin anesthésiste conforte le bilan lésionnel  et le niveau de médicalisation. Le dernier blessé est évacué avec l’équipe médicale vers le CHR du département.

L’infirmier (SP), officier chef du CS local, rédige le dernier message radio pour la station directrice,( le CODIS n’existe pas encore), fait le point de la phase terminale de l’intervention avec le chef du CSP voisin, le directeur de la sucrerie, les gendarmes, le Maire de la Commune, la presse, et les Chefs d’agrès. L’opération est terminée.

Nous sommes début août, il fait beau, demain les français partiront en vacances…

Histoire vraie dans le rôle de l’infirmier (SP), Jean-Pierre Deschin.

L’HUMANITAIRE

1985, Une activité particulière originale et spécifique dans le domaine soignant s’est d’ores et déjà démarquée ;
A P, « une sapeur-pompier infirmière » du SDIS du Gard  assure des fonctions d’encadrement des soignants dans une clinique locale, mais aussi dans le cadre du volontariat au sein du service de santé de son SDIS ;
Elle coordonne les actions de soignants et assure la gestion des ressources matérielles mises à la disposition des activités médicales et chirurgicales de l’ESCRIM. En effet, à l’issue du retour d’expérience du tremblement de terre de Mexico, l’ESCRIM est né de la réunion du détachement d’appui chirurgical du SDIS du Gard et du détachement d’appui médical et d’hospitalisation des unités d’instruction et d’intervention de la sécurité civile, l’ESCRIM a été depuis projeté à l’étranger, de très nombreuses fois sous la bannière tricolore.

À L’ORDRE DU JOUR : LE PRAGMATISME

Quant à la logistique, le plus souvent les sapeurs-pompiers infirmiers utilisent les consommables pharmaceutiques du service où ils travaillent. Ceci en accord avec le médecin-chef de service,  la victime ou le malade étant orienté sur le même service ou établissement.
De plus, nous sommes dans la période de montée en puissance des SAMU et beaucoup de médecins-chefs des SDIS sont aussi des médecins-chefs hospitaliers. Bien entendu il y eu ce que l’on appelait à l’époque les « conflits d’intérêts », mais l’intérêt général a primé. Par ailleurs, leurs moyens sont limités, en effet, ils sont souvent observés par une administration sceptique et réservée, les confrères y compris.
Rappelons-nous que les infirmiers de beaucoup de ces services fabriquaient eux-mêmes les valises d’interventions et conduisaient les véhicules.

Ainsi, la « double vie » de l’infirmier se développe, entre, sa caserne et son service de soins en public  , en privé ,son cabinet et ses tournées à domiciles. La place qu’on lui  attribue se situe par la force des événements  au niveau des soins de l’avant, là où un vide existait dans une organisation des secours  en mutation, la nature ayant horreur du vide.
Les confrères hospitaliers y compris certains médecins de sapeurs-pompiers, qui ironisaient ou condamnaient, ces premiers « Patrons »  de SAMU, qui dérangeaient les habitudes voir les menaçaient, conforté bien souvent par l’inertie des pouvoirs publics, croyant être menacé, sont les mêmes qui ironisent et condamnent aujourd’hui  la normalisation de l’emploi d’un infirmier de sapeur-pompier dans la réponse graduée aux urgences pré-hospitalières.

UNE PRISE DE CONCIENCE, LES ANNEES 80,

Sapeurs, en grande majorité, sous-officiers pour certains, officiers chefs de centre de secours et d’incendies, présidents d’amicales et d’Union départementale, pour d’autres, bref des pompiers volontaires comme les autres.

1983, Un chef de C S, infirmier


Dans les Alpes-Maritimes ; le Pas-de-Calais ; les Landes ; en Corrèze ; l’Oise ; la Somme, le Nord ; le Gard ;le Haut-Rhin ;l’Aude ;en Seine et Marnes ;les Yvelines, le Puy de dôme et dans  bien d’autres départements. Ces sapeurs-pompiers atypiques  se fondent dans le paysage des centres de secours.

C’est à cette période, que le médecin colonel PRIM médecin-chef du service d’incendie du Var, conseiller technique médical permanent à la DSC de l’époque, pose la question pertinente, « Est-il souhaitable de recruter des personnels infirmiers au sein des centres de secours »










C’est à cette cette période également, que certains de ces «  hommes du feu et soignants »
s’interrogent sur leur identité au sein des corps, sur leur spécificité qui les rend atypiques dans les actions opérationnelles, sur la question même de la reconnaissance du service de santé et déjà sur le devenir des sapeurs-pompiers dans le cadre du secours à personne.



1984, Une réunion de sapeurs-pompiers,
infirmiers,( tous grades et fonctions
confondues, à Liévin)


En effet, un grand nombre de sapeurs-pompiers de profession infirmier, se retrouve en difficulté lors des interventions, par le fait qu’ils doivent assumer leur rôle au sein de l’équipe ; tenir la lance ; actionner l’écarteur, conduire le VSAB ; commander une intervention incendie ou un secours routier, et dans l’action cumuler sa profession pour le prise en charge d’une victime. État de fait, qui induit des situations complexes pouvant être préjudiciable  pour l’équipe et pour lui.
À titre individuel, ou à titre collectif  des sapeurs-pompiers volontaires infirmiers DE interpellent : les Inspections départementales ; les Unions départementales ; la Fédération des sapeurs-pompiers ; les syndicats représentatifs des sapeurs-pompiers professionnels.

DU NORD
En 1980, Jean-Pierre Deschin alors infirmier au SAMU /SMUR du Pas-de-Calais mais également sous-lieutenant Chef du Centre de secours et d’incendie des sapeurs-pompiers de Vitry-en Artois est contacté par Gérard Giliocq, Président du SNSPP.
 

Gérard Gilliocq, Président
Fondateur du SNSPP

Ce dernier, adjudant-chef et adjoint au chef du centre principal de secours d’Arras est  un opérationnel. Au gré des interventions, il côtoie  Jean-Pierre Deschin, infirmier du SMUR qui en tenue de sapeur-pompier perfuse et intube les victimes sur les lieux de l’accident ou de la noyade.
Le Président fondateur du SNSPP, l’invite à une réunion qui se déroulera à Aix-en Provence, sous la houlette de Jean-Pierre Saez, et qui aura à l’ordre du jour « La problématique d’un vrai service de santé pour les SDIS, et une réflexion sur l’intégration de professionnels de santé professionnels  au sein des structures.

AU SUD

En 1982, les infirmiers Robert JOLY, du SDIS 13 ; Nicolas REVAULT du centre de secours de JOUQUE (13) ; Jean-Pierre MAGURNO du CS de PENNES-MIRABEAU, publient un document  intitulé  « REFLEXION SUR L’INTEGRATION D’UN INFIRMIER AIDE-ANESTHESISTE A BORD DES VEHICULES DE SECOURS DES SAPEURS-POMPIER ».

AUX INSTITUTIONNELS

En 1983, le cadre infirmier, Jean-Pierre DESCHIN Lieutenant chef du Corps des sapeurs-pompiers de VITYRY en ARTOIS (62), adresse sous couvert  et la bienveillance de l’inspecteur départemental des services d’incendie du Pas-de-Calais, le Lt. Colonel Francis GUESQUIERE et le président de l’union départementale le capitaine Hubert HERMANN, au président de la FNSP le colonel SIBUE, un mémoire intitulé « POUR UN SERVICE INFIRMIER, CHEZ LES SAPEURS-POMPIERS FRANCAIS ».(En annexe).





                                         
Ce mémoire est également envoyé au Président du Syndicat National des sapeurs-pompiers professionnels, Monsieur Gérard GILLIOCQ.

Colonel Sibué


DANS LES ECOLES

En 1988 également une des premières sapeurs-pompiers féminin du Pas de Calais  (CPI de Libercourt, Pas de Calais) , étudiante Infirmière à l’IFSI du CHR de Lille réalise son mémoire de fin d’études avec le thème : UN INFIRMIER SAPEUR-POMPIER : SON ROLE ? , SON AVENIR ?









Mémoire d’Etude de Mlle Sabine Lemaire , IFSI CHRU Lille 1988

Mémoire d’Etude de Mlle Sabine Lemaire , IFSI CHRU Lille 1988

Mémoire d’Etude de Mlle Sabine Lemaire , IFSI CHRU Lille 1988
(noter que le centre de secours thème du mémoire ne pouvait être écrit que par son initiale, pour ne pas exposer le centre de secours : ajouté à la main depuis il s’agit du CIS Marquise) 

Mémoire d’Etude de Mlle Sabine Lemaire , IFSI CHRU Lille 1988





En 1988, un sapeur-pompier volontaire du CS de VANCE (06) élève  infirmier à l’école d’infirmier du CHU de NICE, Philippe CECCONI choisi comme thème de mémoire de fin d’études, « ET POURQUOI PAS DES INFIRMIERS SAPEURS-POMPIERS).
Philippe CECCONI deviendra le premier et INFIRMIER temps plein de France, sous contrat avec le SDIS 06.

LES  ANNEES 1990  - LA SEMENCE EST LANCEE

LE TEMPS PASSE, ET RIEN NE SE PASSE, chacun retourne à ces occupations quotidiennes. Pourtant la graine a germé et certains responsables du destin des sapeurs-pompiers français, des visionnaires vont se manifester.

A LA BRIGADE

Le médecin en chef de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris, René NOTO un visionnaire, pour lui, le véritable tri entre l’urgence ressentie, l’urgence vraie et la détresse vitale ne se fait pas au téléphone mais sur le terrain. Et ne vaut-il pas mieux préférer « un secouriste qui sait faire attendre à un médecin qui n’arrive pas ».Ce père fondateur du plan rouge, ne manqua pas non plus de secouer  les sceptiques sur l’emploi des infirmiers brigade, ils les installa dans les ambulances de réanimation pour assister le médecin.
En 1983, il définit la doctrine d’emploi des infirmiers en général ,dans le cadre des situations d’urgences collectives, l’urgence individuelle et quotidienne.

« Le rôle de l’infirmier  dans le cadre de l’urgence individuelle et quotidienne :

Il se situe à deux niveaux :

a) base avant sur le terrain :

rôle direct dans la prise en charge des victimes avec ; le bilan clinique, lésionnel, fonctionnel ;transmission du bilan .Il sort du cadre du traitant pour aborder les problèmes de radio- téléphonie, de la logistique santé. Il met en condition dans les soins ; surveille l’évacuation.

b) base arrière à ’hôpital :

Soutien logistique ; maintenance des véhicules sanitaires ; préparation et vérification des stocks de matériels et médicaments.(…) .


« Le rôle et la place de l’infirmier dans le cadre de l’urgence collective :

il y a la partie soins médicaux. L’équipe médicale est composée d’un médecin et d’un infirmier (nous sommes en 1983 …)

Après avoir défini la chaîne des secours en situation d’urgence collective, tout comme le médecin colonel PRIM,le médecin colonel René NOTO, détaille ce que doit être le rôle des infirmiers dans la chaîne des secours.

La BSPP, le SAMU 94 avec le professeur HUGUENARD,le SAMU 62 avec le docteur SOPHYS, le SAMU 93,et quelques autres, accompagnent concrètement  ce concept.(Les tutelles par contre étaient aux antipodes de cet indice de modernité comme le faisait remarqué le docteur Christian LEMBEYE ,inertie quand tu nous tien ...),(…).

(…)
 a)  lorsqu’il y a un nombre insuffisant de médecins pour prendre en charge toutes les victimes dans les premières minutes de la phase initiale des secours, l’infirmier (pompier ou hospitalier) ,est à la fois assistant du médecin et conseiller coordinateur des secouristes, ou encadrant s’il est surveillant des services de soins pour le SMUR .
-l’infirmier a un rôle important dans la réalisation des gestes élémentaires :
-   d’hémostase,
-   de ventilation – oxygénation,
-   de désinfection des plaies,
-   d’immobilisation des membres,
-    de surveillance de transfusions.

   c) Il a aussi un rôle à jouer  dans le tenue de la fiche médicale de l’avant dans le but de limiter les problèmes d’identification et pour déterminer un premier bilan clinique avec les gestes effectués.

   d) l’infirmier intervient également au niveau de l’aménagement du site, du poste de travail comme en milieu hospitalier , ex : prévoir un brancard ;un respirateur etc…).

   e) Il est nécessaire que l’infirmier connaisse l’ensemble des moyens radiophoniques, car il peut être amené à utiliser un poste de radio-émetteur lorsqu’il existe des problèmes de communications dus à la localisation des lieux s’intervention (ex : un incendie qui barre la route).

  f) L’infirmier a un rôle important dans la gestion des matériels, gestion des stocks. Il doit faire preuve de capacité d’organisation ,le mode d’exercice professionnel infirmier au quotidien, et sa formation, favorise cette pratique.
Il peut être amené à exercer un contrôle de débit du matériel, il doit veiller à ce que le matériel non utilisé soit réintégré dans les stocks.  

  g) Il doit posséder aussi des notions d’épidémiologie (ex : catastrophe naturelle avec destruction des habitations ,des canalisations d’eau  etc.  … donc  problèmes d’hygiène.

  h) L’infirmier doit connaître les techniques de relevage et de brancardage pour superviser plusieurs équipes de secouristes.

Sa conclusion : (…) dans le vécu quotidien du « tandem » médecin-infirmier  en situation de médecine de catastrophe  (et pour l’urgence quotidienne) ,plusieurs notions essentielles sont à retenir :
1 – importance de la gestuelle, des techniques, de la logistique, de la formation médicale et paramédicale.
2 – par poste de travail, nous retrouvons toujours la trilogie : 1 médecin, 1 infirmier, 1 secouriste (pompier ou ambulancier pour le SMUR) « porteurs de flacons », 1 policier pour l’identification.
3 – importance d’une formation psychologique des médecins, infirmiers, sauveteurs car l’état physique présenté par certaines victimes peut être facteur déclenchant  de traumatismes  psychiques.

Il faut donc savoir innover, improviser, faire preuve d’imagination.(…).

Nous étions en  1983.

SORTIR DE L’OMBRE  

Versailles 

Et c’est tout d’abord, au Congrès de la FNSPF à VERSAILLES en 1990, que se fera la première  rencontre ; un petit groupe d’infirmiers, sapeurs-pompiers volontaires, décide de faire le point sur leur situation, de comparer les « missions  hors-cadre »qu’ils sont amenés à exécuter du fait de leur métier respectif. Ils décident de réaliser un sondage pour évaluer le nombre d’infirmiers dans les centres de secours et dans les Directions.
 De constituer un réseau afin de communiquer et de désigner ceux d’entre-eux  qui se chargeraient de gérer ces premiers dossiers.




Listing des premiers Infirmiers coordinateurs départementaux de  Sapeurs-Pompiers réalisé par l’infirmier Jacques Bourgois du SDIS 62 


Ce petit groupe était composé de Jean-Pierre LEBASTAR (SDIS 78), Agnès PETIT (SDIS30), Jean-Pierre MARBEX (SDIS77), Christian SCHOLLER (SDIS67), Philippe CECCON (SDIS06), Jean-Pierre DESCHIN (SDIS62), Alain LELIEVRE (SDIS44), Jacques BOURGOIS (SDIS62) ; QUITTANCON dit «  QUIQUI »du (SDIS 40).

Quelques semaines plus tard une association était mise sur pied avec l’aide du SNSPP.
Ce syndicat de sapeurs-pompiers professionnels met à la disposition de cette jeune association, ses  moyens  en secrétariats, téléphoniques et logistiques.
Le but de l’association était de mettre en place une petite cellule de communication, mais également se donner les moyens  d’effectuer certains déplacements visant  à mettre en place des infirmiers relais dans les départements.

 


Le financement de l’association et donc assuré par une dotation du SNSPP, mais également  par des cotisations, et diverses actions dont la vente d’insignes, (la matrice des insignes a été réalisée grâce à une avance sur fonds par le SNSPP), l’insigne représentait sur fond de logo du syndicat stylisé, un caducée de médecin, un caducée d’infirmier (inspiré du caducée officiel des I D E), et un caducée de Kinésithérapeute.                                      
L’ensemble de ses moyens nous a permis d’organiser les  déplacements aux premières réunions. .Le secrétariat de rédaction et de la communication était assuré par JP DESCHIN, à partir du siège du SNSPP rue du Crinchon à ARRAS dans le Pas-de-Calais.

SI VERSAILLE M’ETAIT COMPTE…

Le congrès de VERSAILLES sera  le révélateur de notre présence au sein des sapeurs-pompiers français, ceci grâce au Président de la FNSP, le colonel Bernard JANVIER.

 Photo Officielle
Colonel B.Janvier 
(collec. J.Bourgois)

 

Confirmation de la communication qui sera présentée au Congrès de Versailles par l’Infirmier et Sapeur-Pompier Jacques Bourgois, sur le rôle d’un Infirmier en Centre de secours 

La demande de reconnaissance de l’identité infirmière au sein des sapeurs-pompiers fut entendue. La bienveillance du Président, de la FNSPF, offrait aux sapeurs-pompiers infirmiers leur première tribune.









Programme du 6° congrès du service de santé à Versailles , Juin 1990  (col. J.Bourgois )



LES  350

Le premier bilan de ce recensement fait état de 350  infirmiers dans les SDIS et confirme deux points :
- le premier : tous  sont en recherche d’identité, 
- le second : ils exercent pratiquement les mêmes misions au sein de leur unité ou direction.

En conséquence, le groupe décide que l’expression de ce besoin d’identité, devra se faire au prochain congrès du SSSM qui se déroulera à NIMES en 1992, toute l’énergie de celui-ci devra donc se concentrer sur la préparation de cette étape incontournable.


QUE LA SAGA COMMENCE

C’est à ce stade que la grande « saga » des infirmiers commence.

De 1990 aux années 2008, il allait s’en passer des événements. De grands moments  attendaient  ceux qui allaient tenir les dossiers : satisfactions, doutes, déceptions, colères, révoltes maîtrisées, découragement, espoir  retrouvé.

Le temps des tensions et des passions allait forger leur détermination, il fallait gagner !

Aussi, pour ce  premier retour en arrière : sur l’émergence du phénomène infirmier « pompiers », et vue la densité des événements qui se sont succédés, seuls les moments forts qui ont marqué cette émergence peuvent pour l’instant être  évoqués.

Dans une autre époque, nos jeunes collègues prolongeront cette histoire avec plus de détails dans un «  deuxième tome » de l’histoire des I S P.

Dans les moments de tensions et de passions, nous n’avons pas manqué d’avoir des états d’âme, mais ceux qui étaient en face ou à côté de nous en avaient également. Certains de ceux-là, ne" nous" ont pas aidé, voire enfoncés. Mais d’autres nous ont protégés et supportés aussi fort qu’ils le pouvaient.

La première formation des infirmiers d’encadrement a commencé en l’année 2008, les autres suivront. Ces futurs cadres  de santé et de sécurité civile,    devront «  savoir » , d’où ils viennent, mais également la manière dont s’est construit la profession d’infirmier DE, et celle d’infirmier de sapeurs-pompiers.

Ils devront «  être capable » de faire vivre les concepts qui les ont amenés sur les bancs de cette formation, de mesurer la marge de manœuvre qui leur sera accordé par les institutions de tutelles.

FEVRIER 1991 : LA SANTE POUR TOUS EN L’AN 2000

Dans la ligne de cette première organisation infirmière, visant à entrer en contact avec les acteurs et organisations représentatives des sapeurs –pompiers de France, le « secrétaire »de l’association des INFIRMIERS, rédige  en février1991, un exposé des motifs à destination des présidents des deux institutions ayant décidé de prendre à bras le corps le problème du futur SSSM, la FNSPF et le SNSPP.

Voici ce que disait ce document intitulé « POUR UN SERVICE INFIRMIER CHEZ LES SAPEURS-POMPIERS FRANÇAIS » première expression politique du groupe infirmier.
(Le titre de cet exposé des motifs, et le fond du premier mémoire réalisé en 1983 par JP, fut repris par le groupe de travail).

- À l’heure où se construit l’avenir de l’Europe, où l’on proclame "la santé pour tous en l’an 2000 » travailler pour la santé demande écoute, disponibilité et rencontre pluridisciplinaires. Au rythme des différentes mutations techniques, socioculturelles, économiques et politiques, les sapeurs-pompiers et leur Service de Santé et de Secours Médical se sont affirmés avec pertinence au niveau de l’écoute et de la disponibilité mais, ne se sont pas tout à fait engagés dans le chemin de la rencontre pluridisciplinaire.
- D’autres services qui œuvrent également dans cette dynamique « Santé » tels ; le Service Médical de la B.S.P.P. :le Service de Santé des Armées ;les S.M.U.R. et les S.A.M.U. ont institutionnalisé la constitution pluridisciplinaire de l’équipe ambulancière, c’est-à-dire le MEDECIN, le SECOURISTE et L’INFIRMIER.
- En effet, les responsables des services concourant à l’aide médicale urgente ont affirmé dans le domaine, l’importance prépondérante du rôle INFIRMIER au sein des équipes de prompts secours et ont favorisé son recrutement.

- Alors, où sont nos infirmiers ?

- Les sapeurs-pompiers Français auraient-ils cessé d’être des précurseurs dans le domaine des secours d’urgences ?
- Bien entendu la réponse est NON ! car  depuis plus d’une dizaine d’année déjà, des sapeurs-pompiers collaborent en tant que professionnels de Santé aux actions menées par les médecins et pharmaciens des corps. Ils participent, ici comme Sapeurs, là comme Officiers, aux missions des sapeurs-pompiers. Et pourtant, officiellement, les infirmiers sapeurs-pompiers ne sont pas reconnus et ils en souffrent !
- Nous ne pouvons pas laisser partir des rangs des Services d’Incendie et de Secours ces infirmiers qui, par leur savoir-faire technique et leur savoir être reconnus des populations contribuent à élever la qualité des soins donnés à bord des V.S.A.B.

UN CADRE POUR LEUR IDENTITE

- Il faut construire  un cadre pour leur identité, reconnaître leur spécificité, et normaliser leur emploi.

A partir de l’activité réelle, menée au sein des SDIS, à l’heure d’aujourd’hui, par les sapeurs-pompiers dont la profession est infirmière, voici nos propositions pour la reconnaissance de leur identité.

→ PREMIER SECTEUR D’ACTIVITE : celui de CS et CSP


Pour une activité opérationnelle : participation qualitative aux opérations de prompt secours menées à bord des V.S.A.B., voire des A.R, en apportant leur savoir-faire au niveau des gestes des soins d’urgence qui s’avèrent être de plus en plus techniques (pose de voies veineuses périphériques, intubation, manipulation de médicaments de plus en plus sophistiqués  , etc.…)Mais également en optimisant les fonctionnalités des appareils de réanimation (respirateurs de transport), d’orientation du diagnostic (cardioscopes). De plus, ces infirmiers permettent l’affinage du tri et du bilan lésionnel transmis par radio aux CTA et au SAMU.

Ils peuvent également, en l’absence du médecin sapeur-pompier, assurer un meilleur prise en charge des victimes à bord des VSAB permettant d’assurer un lien reconnu avec l’équipe du S.M.U.R. ou celle, chargée des soins définitifs.

Participation précieuse également aux  interventions en situation de catastrophe, ceci au niveau des PMA et des secteurs de l’avant où ils sont par ailleurs à même d’encadrer les secouristes.

Pour une participation à la gestion et à l’entretien des matériels sanitaires des VSAB et VRM ; des équipements de la médecine du travail avec les médecins et au contrôle des produits médicamenteux avec les pharmaciens qui sont en nombre limité.

Pour une activité pédagogique en s’intégrant à l’instruction et au perfectionnement oxyologique et secouriste, avec une action plus marquée dans l’enseignement de la gestuelle, le savoir-faire.

Pour une action plus globale en qualité de professionnel de santé où il pourra agir pour la promotion de la santé, mener des actions de prévention de la maladie avec le médecin du casernement. Mais également en tant que sapeur-pompier, pour un engagement opérationnel complet sur les missions à risque pour les personnels en vue d’assurer leur soutien médical...
               
→ DEUXIEME SECTEUR D’ACTIVITE : celui des Directions Départementales

Il s’agit là d’une fonction de cadre infirmier, telle qu’elle existe déjà au niveau du Service de Santé des Armées, des SAMU, des SMUR, de la BSPP (infirmiers majors, surveillants et surveillants chef, infirmiers généraux, ou principaux).

Ce cadre infirmier sapeur-pompier veillera particulièrement sous l’autorité du Directeur départemental et du médecin-chef à la qualité des soins infirmiers et des actions secouristes. Il participe à la conception et à l’organisation des structures opérationnelles et fonctionnelles du service de Santé, il participe également à la gestion des équipements sanitaires, il s’implique dans le projet pédagogique du centre de formation départemental. Enfin, il assiste le médecin-chef et le DSM, sur les sites opérationnels ou en situation de catastrophe, (comme le font les surveillants de SAMU-SMUR.)

Conditions de recrutement des Infirmiers Sapeurs-Pompiers Volontaires :

Ils seront soumis aux dispositions générales d’engagement des Sapeurs-Pompiers Volontaires.

Ils devront être titulaires du Diplôme d’Etat d’Infirmiers.

Après le recrutement, ils effectueront une période probatoire d’une année, à l’issue de laquelle ils auront participé à un stage d’adaptation à la fonction au centre d’instruction de leur zone de recrutement. Ils suivront une formation générale de sapeur-pompier (stage de sous-officiers ou officiers volontaires) pour ensuite suivre un temps de perfectionnement dans un SMUR ou un service Médical de la BSPP (sauf s’ils exercent leur profession dans le secteur de la médecine d’urgence). De plus, ils devront être titulaires du monitorat de secourisme.
Après l’avis favorable, du Directeur Départemental et du médecin-chef, ces personnels seront titularisés et nommés au grade de sous-lieutenant (catégorie B de la FPH) La nomination au grade de lieutenant interviendra au bout de cinq années d’engagement.

Conditions de Recrutement des Infirmiers Sapeurs-Pompiers Professionnels :

Deux filières sont possibles.

La première offrirait des dispositions transitoires qui permettraient le recrutement immédiat des infirmiers confirmés professionnellement, c’est-à-dire donner la possibilité aux infirmiers déjà SPV ou professionnels depuis trois ans et aux infirmiers de la FPH d’être recrutés par voie de détachement dès lors qu’ils sont SPV.

La seconde filière étant le concours externe sur titres, Les infirmiers devront être titulaires du Diplôme d’Etat d’Infirmier, (ou ISAR), avoir exercé au moins trois années dans un service de soins intensifs ou une structure de l’Aide Médicale Urgente, (liste à arrêter).

Après avoir été reçu au concours sur titre, ils devront subir (comme les sous-lieutenants professionnels) une formation d’adaptation à la fonction (connaissance de l’institution ; tactique opérationnelle etc. …),

Pour les deux filières, les dispositions générales de recrutement seront identiques à celles des sapeurs-pompiers professionnels (avec une modulation pour l’âge limite de recrutement en ce qui concerne les infirmiers déjà SPV ou SPP ou en détachement).

Ils devront être titulaires du monitorat de secourisme à l’issue de cette période.

Enfin, leur titularisation au grade  d’infirmier, lieutenant interviendra à l’issue d’un stage d’une durée d’un an.

Restera à définir sur quelle grille indiciaire, ceux-ci devront être alignés. Deux possibilités peuvent être étudiées : la première, alignement sur la grille indiciaire de la FPH. L’autre possibilité (plus logique), alignement sur la grille des officiers de sapeurs-pompiers professionnels.

Au niveau des Directions Départementales, il sera indispensable de recruter des cadres infirmiers, ceci avec des critères particuliers :

Être issu d’un Corps de sapeurs-pompiers (volontaire ou professionnel), et justifiant de cinq années d’ancienneté.
Être titulaire du certificat Cadre Infirmier (ou ISAR).
Répondre aux critères d’un concours sur titre en justifiant d’une expérience professionnelle :
. Encadrement des personnels de santé ;
. Enseignement aux professions paramédicales et aux secouristes ;
. Gestion administrative des Corps de sapeurs-pompiers ;
. Expérience en Médecine de catastrophe ;
. Expérience en Médecine d’Urgences.

Après leur recrutement, ces personnels devront suivre une formation d’adaptation à la fonction dans une école Nationale, et devront être nommé aux grades correspondants aux grilles indiciaires des surveillants et surveillants chefs de la FPH.
         
Tous ces personnels seront rattachés au SERVICE DE SANTE ET DE SECOURS MEDICAL et en porteront les attributs spécifiques.

CONCLUSION

Pour toutes ces raisons, et compte tenu de la situation ambiguë dans laquelle se trouvent ces sapeurs-pompiers, il apparaît indispensable et judicieux que les pouvoirs publics sous l’impulsion de la F.N.S.P.F. (et du S.N.S.P.P) procèdent à la structuration de cette fonction en adoptant des dispositions particulières au statut des SAPEUR-POMPIERS volontaires et professionnels.

Lieutenant Jean-Pierre DESCHIN
Pour les sapeurs-pompiers Infirmiers
            
En corollaire immédiat et après un travail, de fond de Claude GONZALES et Christian LEMBAYE, les responsables des deux principales organisations représentatives sensibles à la problématique des infirmiers engagent  des actions concrètes.

SEPTEMBRE 1991 : LE CONGRES DE TROYES OCTOBRE 91

En septembre 91, le président du SNSPP, Gérard GILLIOCQ invite Jean-Pierre DESCHIN, à participer au débat qui traitera de la problématique du service de santé des sapeurs- pompiers qui aura lieu à l’occasion du 11e Congrès du SNSPP à TROYES les 15,16 et 17 octobre 1991.

Ainsi dans son éditorial de la revue « PLEINS FEUX »relatant les temps forts du Congrès, le président Gérard GILLIOCQ, avec le soutien de son secrétaire général Jean-Michel MEROLA, et du comité exécutif du SNSPP, décide de donner au dossier du service de santé et celui des infirmiers, une priorité dans les actions revendicatives du syndicat, pour les années à venir.
 

 Bernard GUIRAUD, Gérard GILLIOCQ,
Jean-Michel MEROLA et Michel MAGGIORANO
 


LE TEMPS DE L’EMERGENCE OCTOBRE 1991

Le 17 octobre 1991, Le Président JANVIER normalise la problématique des infirmiers en faisant parvenir à tous les Directeurs, médecins-chefs, présidents d’unions Régionales et Départementales ;présidents d’Associations des personnels de Santé et aux représentants de l’intersyndicale, la lettre suivante :

Messieurs,
Afin de débuter la mise en application de la proposition, approuvé le 26 septembre dernier par la Commission Fédérale du Service de Santé et de Secours Médical, il serait utile que soit désigné, dans chaque Service Départemental d’Incendie et de secours, un paramédical sapeur- pompier (infirmier ou kinésithérapeute) afin d’être l’interlocuteur local. Il aurait pour mission :
- D’assurer l’indispensable liaison entre le groupe de travail FNSPF-Intersyndicale sur les paramédicaux sapeurs-pompiers et les paramédicaux exerçant leur art sur le terrain. - D’établir la liste des paramédicaux sapeurs-pompiers par départements. - De diffuser les informations et faire remonter les observations. - De préparer les réunions des 1er et 2 février 1992 à Nantes entre tous les paramédicaux responsables départementaux. - De préparer le Congrès de Nîmes du 18 au 20 juin 1992 en particulier les deux tables rondes spécifiques aux paramédicaux. - De rendre compte aux Directeurs Départementaux, médecins-chefs, Présidents d’Unions, Présidents des Associations des personnels de Santé, et représentants de l’intersyndicale de l’avancée des travaux.
Par ailleurs, dès que possible, les projets de textes proposés à la DSC vous seront adressés.
 
Bernard JANVIER

Cette initiative normalise auprès des SDIS, la problématique des infirmiers et donne au groupe de travail sur les paramédicaux la possibilité d’évoluer au « grand jour » avec l’aide de nombreux Présidents d’Unions pour la FEDE et de sections pour le SNSPP. LETTRE EN ANNEXE
DECEMBRE 1991 EN ORDRE DE BATAILLE

Le 3 décembre 1991, la F.N.S.F et le S.N.S.P.P pour l’intersyndicale remettent une motion précisant leur détermination quant à la mise en place d’un nouveau cadre réglementaire pour le SSSM de l’an 2000, et une existence juridique pour les paramédicaux et les infirmiers en particulier. Pour la F.N.S.P.F., la délégation était composée du médecin commandant Claude GONZALEZ et de Christian LEBAYE , pour le SNSPP de Denis MUNSCH de J-P DESCHIN et Jean-Michel MEROLA Vice Président du SNSPP.

 Les membres du bureau exécutif du
SNSPP-PATS Négociations à Paris (2000)
L’hommage rendu à Jean –Pierre Saez
qui collaborera aux travaux pour un SSSM

 






La revue PLEINS FEUX de décembre 1991, réserve 18 pages sur le sujet, pour un véritable plaidoyer adressé aux plus hautes autorités de l’Etat, sur la nécessité de créer un service de Santé et de Secours Médical digne de ce nom et s’adresse également à l’ensemble de sapeurs- pompiers afin que ceux-ci soient sensibilisés à l’ouverture du métier à la profession d’infirmier voir à d’autres paramédicaux.

 Plein Feux Septembre 1998 


Les auteurs des articles argumentaient pour un Service de Santé et de Secours Médical de l’an 2000 à la hauteur des enjeux, et rappellent à l’ensemble des acteurs :que , a nature a horreur du vide. Jean-Pierre, lance les fiches « SOYONS CLAIR ».

SOYONS CLAIRS



En novembre 1990, le ministre de l’intérieur de l’époque ayant demandé à la FNSPF et aux intersyndicale sapeurs-pompiers professionnels, de lui dresser un panorama du service de santé et de secours médical (qui nous sommes : nos problèmes ; nos propositions). Le SNSPP décidait la constitution d’un groupe de travail qui défendrait ses concepts.
Lucide, ce syndicat décidait d’emblée de confier à un groupe de personnes qualifiés, confronté au quotidien a cette problématique, la conduite de ces travaux. Cette décision devait donner naissance à une équipe soudée, motivée et crédible, le capitaine professionnel du SDIS77, Denis MUNSCH et le lieutenant volontaire du SDIS62, cadre infirmier hospitalier, Jean-Pierre DESCHIN.

LA PREMIERE REUNION AU SOMMET

Il faut dire que les choses sérieuses avaient débuté le 4 février 1991; Avions nous pris conscience de cet instant, certes non.
Un groupe pluridisciplinaire allait se former, il allait pénétrer dans les arcades de l’administration centrale, y trouver son chemin, se faire reconnaître, et tenir, tenir « coûte -que -coûte ».

Ce 4 février 1991, réunion à la Direction de la Sécurité Civile entre la Fédération Nationale des Sapeurs Pompiers et l’intersyndicale sur le sujet tellement attendu du SSSM. Ce matin-là se rencontrent pour la première fois à la sortie du métro « LEVALLOIS PERRET » le capitaine Denis MUNSCH et Jean-Pierre DESCHIN le lieutenant volontaire cadre infirmier de son état. La rencontre avec Christian LEMBAYE le médecin, commandant de sapeurs pompiers professionnels se fera un peu plus tard dans l’antichambre de la salle de réunion plénière. Ils ne se quitteront plus.

La réunion commence, sur le thème de l’organisation et la place du SSSM, de la révision du statut des médecins, pharmaciens et vétérinaires de sapeurs-pompiers volontaires. En deuxième temps, de la nécessité, étudier les bases d’un cadre d’emplois pour des médecins de SPP.

La FNSPF est représentée par un médecin « temps plein » officier de sapeurs-pompiers professionnel le médecin commandant Claude GONZALEZ Président de la commission Santé de la FNSPF, qui avec son confrère Christian LEMBEYE, argumente avec conviction et pertinence la nécessité d’une mise à plat du modèle actuel. Pour créer le SSSM de l’an 2000, et la mise en œuvre au niveau de l’Etat d’un nouveau cadre réglementaire pour les SDIS, une loi, des décrets et un cadre d’emplois pour les médecins de sapeurs-pompiers. Un statut adapté pour les autres personnels composant le service de santé : les pharmaciens et les vétérinaires. Pour les infirmiers, leur discourt est clair, il leur faut une reconnaissance institutionnelle au sein du futur SSSM. MUNSCH et DESCHIN argumentent dans le même sens, DESCHIN fait remarquer que « la nature ayant horreur du vide », le vide en matière pluridisciplinaire étant apparu, les infirmiers sont en passe de le combler. La synergie entre les représentants de la FNSPF et du SNSPP est parfaite, sauf que le représentant de l’Etat Monsieur REBELLE BOROELA n’entend pas élargir l’éventail des professionnels de santé, aux infirmiers, sauf peut-être pour les kinésithérapeutes qui sont potentiellement moins nombreux et déjà reconnus dans certains grands SDIS comme celui des Yvelines, avec le grade de sous-lieutenant sur titre. Bref il ne souhaite pas recréer la pyramide hospitalière, ou le service de santé des armées, « pas de manipulateurs en radiologie et pas d’armée Mexicaine ». Et surtout pas d’infirmiers, pour couper court à la proposition de DESCHIN de lancer la réflexion sur un cadre d’emplois d’infirmiers de SPP.
Mais c’était sans compter sur la conviction, l’élan militant des représentants de la FNSPF et du SNSPP. En effet, la communion d’esprit sur l’objectif à atteindre par ce groupe pour un intérêt général qui allait au-delà des professionnels de santé concernés et des sapeurs- pompiers, allait faire basculer la certitude du représentant de l’Etat, de traiter cette question en demi-mesure. Avec une chute en apothéose, celle de Claude CONZALEZ qui demanda, à ce Monsieur « s’il pouvait se passer de sa secrétaire pour préparer ses réunions, et taper son courrier? » celui-ci répondit que « NON » ce à quoi GONZALEZ rétorqua « eh bien moi, Monsieur le Directeur je ne peux me passer de MON INFIRMIER ! ». D’emblée, la nécessité de mise en chantier de plusieurs groupes de travaux se fait ressentir. Un vaste projet qui touche le devenir des médecins, pharmaciens, vétérinaires, kinésithérapeutes, infirmiers et auxiliaires (l’ancêtre de TSU, mais nul n’est prophète en son pays), mais aussi sur l’organisation et la place du SSSM.

DES MOUSQUETAIRES POUR L’UNION SACREE

À l’issue de cette réunion et des comptes rendus respectifs fait aux responsables des organisations représentatives en présence, le SNSPP et la FNSPF, l’accord sur l’objectif à atteindre fut évident et la synergie des volontés des deux parties était nécessaire. Le président de la FNSPF et du SNSPP, décidèrent de faire l’union sacrée, le groupe des mousquetaires, GONZALEZ, LEMBEYE, DESCHIN, MUNSCH, travaillerait de concert. À ce sujet, il ne faut pas manquer de préciser que c’est grâce à la force de conviction, de Claude GONZALEZ et à la vision du long terme du Président JANVIER, que la « puissante FNSPF s’est engagée pour la reconnaissance des infirmiers.

       
 Première Réunion du groupe de travail sur le SSSM, au siège de la FNSPF , rue de Dunkerque à Paris ; Le Lieutenant Volontaire Jean-Pierre Deschin, Le Médecin Commandant Claude Gonzalez, le Commandant Denis Munsch et le Caporal Lefevre (Vice- Président du SNSPP) 

A la fédé , le Commandant Christian Lembeye , le Commandant Denis Munsch , le Lieutenant Jean Pierre Deschin 




Pour la première fois le problème des infirmiers est évoqué officiellement et un groupe de travail est constitué à la demande du Directeur de la sécurité civile Monsieur LEBECHU.

Au niveau du SNSPP, celui-ci est constitué par un groupe.
Le commandant Christian LEMBEYE Sapeurs-pompiers professionnel, Médecin-chef du SDIS des LANDES, le commandant Denis MUNSCH I.A.D Groupement EST au SDIS de SEINE et MARNE, le lieutenant volontaire Jean-Pierre DESCHIN, Chef du centre de secours de VITRY en ARTOIS dans le PAS-DE-CALAIS, et Cadre infirmier au SAMU du centre hospitalier d’Arras ;le sapeur de première classe QUITTANCON sapeurs-pompiers volontaires au SDIS des LANDES, infirmier libéral à Saint –Server dans les LANDES et le caporal LEFEBVRE SPP de Clermont-Ferrand ancien infirmier de la BSPP.

Pour la FNSPF, le médecin commandant Claude GONZALEZ, Médecin-chef du SDIS de SAONE ET LOIRE et président de la commission santé de la FNSPF ; le Lt colonel GIROUD médecin-chef du SDIS de l’AIN, membre de la commission santé de la FNSPF (chargé des paramédicaux). Le premier étage de la fusée était lancé.

Et c’est à ce stade que les visionnaires, ce sont rencontrés et ont décidé d’unir dans l’intérêt général, leurs forces. Il s’agissait des responsables des deux plus grandes organisations représentatives des sapeurs-pompiers volontaires et professionnels. Le président de la FNSPF le colonel Bernard JANVIER et le Président du SNSPP Monsieur Gérard GILLIOCQ. L’union était faite, elle fut sans faille durant toutes les actions communes.

La conséquence fut la constitution d’un groupe mixte SNSPP-FNSPF, composé par les acteurs des groupes respectifs déjà désignés. Fort de ces signes d’encouragement et de cette volonté affirmée d’avancer. Le groupe de travail se met au travail et lance une enquête destinée à recenser les infirmiers et les kinésithérapeutes exerçant leur art au sein des corps et directions. Ce travail est confié au secrétariat du SNSPP et encadré par JP DESCHIN. Le résultat est encourageant malgré le manque de donnée transmise par certains médecins- chefs, qui, responsables de SAMU répondait que les infirmiers ne servaient à rien, le temps se gâtait. Néanmoins 400 infirmiers sont dénombrés et une dizaine de kinésithérapeutes.

LA RELANCE

Il est indispensable à ce stade de soutenir le Président de la FNSPF, en effet il est confronté à certains réseaux réfractaires à l’édification d’un autre service de santé, et d’une composante multidisciplinaire, en particulier celle des infirmiers. Le soutien de la représentation majoritaire des sapeurs-pompiers professionnels doit le renforcer pour affirmer sa position. Le Président du SNSPP décide donc officiellement de lui proposer une rencontre visant à sceller définitivement les modalités de l’action commune qu’ils conduiront pour un nouveau cadre législatif pour le SDIS et son service de santé et un texte officiel fondateur dans lequel figureront les médecins, les infirmiers, les pharmaciens, les kinésithérapeutes et les vétérinaires.

Lettre du 5 novembre 1991, lettre adressée au Président de la Fédération des sapeurs- pompiers, 22 rue de Dunkerque, 75010 Paris. Référence :91408/11.

« Monsieur le Président,
Je souhaiterais attirer votre bienveillante attention sur le fait que depuis longtemps le SNSPP-CFTC s’ était senti concerné par la reconnaissance d’un Service Médical et de Secours aux personnes comme étant une primordiale nécessité pour l’avenir de notre corporation.
Déjà en 1985 lors des négociations statutaires nous revendiquions un statut de cette envergure avec jeu de passerelles entre les différentes fonctions publiques.
Avec la plate-forme commune revendicatrice, le SNSPP a accepté en début de cette année de travailler sur le projet d’un statut de paramédicaux professionnels. Un groupe de travail composé de médecins de sapeurs-pompiers professionnels, d’infirmiers, de kinésithérapeutes, d’officiers professionnels, et aussi d’hommes de base pour la plupart anciens infirmiers de la BSPP, a concrétisé les résultats d’une étude approfondie par un document dont j’ai eu l’honneur de vous remettre dernièrement un exemplaire, ainsi qu’aux autorités de tutelles.
Récemment les collègues de la C G C nous ont demandé d’ébaucher un projet de statut des médecins de sapeurs-pompiers professionnels. Notre groupe de travail se penche sur le problème et les résultats seront prêts pour la fin novembre.
Compte tenu de l’urgence de mener a bien cette affaire dans les délais les plus courts, je pense qu’il devient indispensable de nous rencontrer très prochainement pour discuter de ce thème et recentrer nos actions avant de solliciter une entrevue avec les diverses autorités concernées.
Il reste cependant bien évident, quand bien même certaines organisations de l’intersyndicale se soient senties beaucoup moins motivées sur le sujet, que je ne verrais que des avantages à les voir participer à cette réunion. »

(Les organisations syndicales moins motivées étaient : la GGT, FO, et la CFDT, la CGT donnera néanmoins beaucoup plus tard un avis favorable, au conseil supérieur de la FPT, pour la constitution de la catégorie A des infirmiers de sapeurs-pompiers professionnels.).

ON PIETINE

Le 1er décembre 1991, Christian LEMBEYE, relance alors le médecin-chef, du service de santé du SDIS 40, relance Madame Dondet du secrétariat fédéral, avec double au docteur Claude GONZLEZ, afin d’activer la suite des travaux engagés par le groupe de travail et en particulier la partie réservée au représentant de la FNSPF chargé des paramédicaux, le docteur GIROUD . À cette époque, seul le docteur Christian Lembeye pouvait se permettre ce type d’intervention, en voici le contenu.

« Chère Madame,
Comme convenu je vous adresse le document demandé par un infirmier. (La lettre était manuscrite), Ce projet a été remis le 30/05/91 à la commission médicale fédérale.
Après avoir téléphoné au Dr Giroud, rapporteur du groupe FNSPF-INTERSYNDICALE, dès aujourd’hui, et en accord avec lui, je vous adresse le plan de communication établi le 8/10/91 ;
A sa lecture, on s’aperçoit que le point n°5, n’a pas été encore abordé faute de remontée d’informations vers la Fédération. Nous avons donc pris au moins 1 mois de retard ce qui est désolant en cette période où l’information doit circuler pour nous aider dans les négociations … Notre ami Giroud est débordé par son activité libérale.
Voici donc ma première question : Pouvez-vous lancer le point n°5 et si oui dans quels délais ? Ma deuxième question : Pouvez-vous m’adresser le listing obtenu à ce jour suite au courrier du 17/1O-91 du Cl JANVIER. Par la même occasion, je vous informe que nous avons reçu ce jour de la DSC du B E L, une demande d’enquête concernant les paramédicaux, les médecins pro, les médecins contractuels avec réponse demandé pour le 15/12/91. »

DECEMBRE 1991

Vient alors la période qui marque le début des dizaines et des dizaines de réunions de travail ou de négociations. Elles se sont tenues à la DSC de LEVALLOY-PERRET mais surtout à PARIS au CNPCI de CHAPTAL. Le 18 décembre 1991, l’ordre du jour était le suivant : définition des missions des médecins, des pharmaciens, vétérinaires et infirmiers. C’était lancé, et le premier compte- rendu à destination des infirmiers était le suivant :

LES INFIRMIERS :

Propositions : Les faire figurer dans l’article 40 du décret du 6 mai 1988,( l’ancien décret SDIS).
Missions des infirmières : à ajouter dans le décret du 6 mai 1988.
- Les infirmières sapeurs-pompiers exercent leur art dans le cadre de la loi n°78.615 du 31 mai 1978 et le décret n°84-689 du 17 juillet 1989, relatif aux actes professionnels et à l’exercice de la profession d’infirmier au journal officiel du 24 juillet 1984 et en conformité avec les décisions du conseil supérieur des professions paramédicales.
- Ils assistent le médecin de sapeurs-pompiers dans le cadre de ses missions prévues à l’article 41 du décret du 6 mai 1988.

L’INFIRMIER PRINCIPAL :
Propositions :
-Il assiste le médecin-chef dans le cadre de ses missions prévues à l’article 45 du décret du 6 mai 1988.

























































































 

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