ISP et santé au travail

ISP ET SANTE DU TRAVAIL

 Les Visites médicales d'aptitude (V.M.A.)

Première mission des ISP.

Les ISP participent activement aux V.M.A en collaboration avec les médecins sapeurs-pompiers.

Ces visites sont réalisées lors de l'embauche des sapeurs-pompiers, volontaires ou professionnels puis tous les deux ans pour les S.P. âgés de 18 à 40 ans et annuellement pour les autres (JSP et après 40 ans).

Les V.M.A. regroupent un certain nombre d'examens permettant de dépister un éventuel problème au niveau de la vue, de l'ouie, de la respiration ou au niveau cardiaque. Ces examens sont réalisés dans un cabinet médical sapeur pompier par l'ISP ou à défaut par le médecin de Sapeur Pompiers.

La réalisation des examens est du ressort des I.S.P. Ce dernier n'interprète pas les résultats. Ils doivent être vus par le médecin qui fait une visite médicale approfondie. En cas de litige il peut être fait appel à un médecin spécialiste du trouble observé.APTITUDE VMA

La taille
La taille est un élément important pour définir l'équilibre staturo pondéral du pompier.
Pour être déclaré apte, un candidat doit mesurer au moins 1,60m lors du recrutement.

La masse
La pesée permet de définir les points de courbe normale lors de l'épreuve fonctionnelle respiratoire.

L'électrocardiogramme

L'E.C.G. est un examen indolore qui consiste à enregistrer les signaux électriques de la conduction nerveuse du coeur pour déceler des problèmes cardiaques éventuels

La tension artérielle
Elle est mesurée aux 2 bras afin de déceler des éventuelles dissymétries tensionnelles. Elle se fait après un temps de repos d'au moins 10 mn : c'est pourquoi on la mesure souvent après la réalisation de l'E.C.G.

L'audition
L'audioscan permet de tester l'audition qui conditionne la bonne réception des messages d'alerte, par exemple.

La vue
Cette méthode ne permet pas un diagnostic précis, mais seulement un dépistage des troubles de la vision pouvant exister.

L'Epreuve fonctionnelle respiratoire en Capacité Vitale Forcée.
L'épreuve fonctionnelle respiratoire est un indicateur de l'état pulmonaire. Elle nécessite une pleine compréhension du sujet et est fonction du poids et de la taille du sapeur pompier.

L'analyse d'urine
Elle permet de suggérer une anomalie du système vésical.

Le bilan sanguin
Il permet des résultats rapides concernant le cholestérol, la glycémie, les ASAT/ALAT...

Les vaccins
Il existe un suivi des vaccinations spécifiques en fonction des spécialités et des risques encourus par chacun.
Les vaccinations obligatoires sont :
DT polio
BCG
Antihépatitique B
Ces vaccins sont vérifiés à chaque visite. En fonction de la spécificité de chacun, la proposition adaptée peut être proposée pour le BCG, l'hépatite B, la leptospirose, l'hépatite A, la typhoïde, la rage...

APTITUDE VMAAptitude
Le médecin sapeur pompier établit un profil SIGYCOP semblable à celui du service santé des armées, qui détermine le cadre d'emploi du SP.
S : membres supérieurs
I : membres inférieurs
G : état général
Y : vision
C : sens chromatique
O : audition
P : psychisme
Les résultats sont analysée à partir des profils qui suivent :
A : 2 2 2 2 2 2 2
B : 2 2 2 3 3 3 2
C : 3 3 3 3 3 4 2
D : 3 3 3 4 3 4 2
E : 4 4 4 4 4 5 2
Pour être déclaré apte un candidat doit au moins appartenir au profil B et satisfaire aux conditions d'aptitude physique de l'arrêté du ministre de l'intérieur

 

ISP SIEJAK Isabelle

La santé publique et la santé au travail

définitions de ces concepts et action du S.S.S.M.
 

La santé publique
Le terme de santé publique est employé depuis la fin du XIXe siècle (a). A cette période il recouvre essentiellement l'hygiène du milieu et la lutte contre les maladies transmissibles. La santé publique est née d'une « double filiation (b) » : l'hygiène pastorienne et la médecine sociale. Au début du XXe siècle, ce terme s'est progressivement substitué à celui d'hygiène publique. Assurance maladies et assurances accidents créent alors des dispositions qui insistent sur la santé comme capital individuel et collectif.

Le terme de santé publique est officialisé en 1902 ( loi de santé publique ) puis en 1931 avec la création d'un Ministère de la Santé Publique. Il s'est aujourd'hui élargi, son intervention porte sur la santé des populations, les facteurs qui l'influencent et rejoint la politique qui oriente ses choix et ses enjeux (c). La santé publique embrasse tous les facteurs conditionnant la santé et les systèmes de santé et son action est donc collective (d). Elle s'appuie notamment sur des diffcaducé ISPérents taux de mortalité, de morbidité etc. qui sont des indicateurs permettant aux experts et aux décideurs de prendre connaissance de l'état de santé global d'une population.

De nombreuses définitions de la santé publique peuvent se rencontrer. En résumé, la santé publique peut être définie comme l'ensemble des efforts de la collectivité pour « l'étude, la mise en œuvre et l'évaluation des moyens permettant d'améliorer l'état de santé de la population »( f ) sur un territoire donné.
L'intérêt pour ses promoteurs est de repérer les déterminants influant sur la santé des populations pour tenter d'y agir favorablement.

Aujourd'hui, la loi du 9 août 2004 modifie profondément le dispositif de santé publique français en confiant la santé publique à l'Etat, en consacrant le niveau régional comme niveau pertinent d'organisation et en se dotant d'une Conférence Régionale de Santé (CRS), d'un Groupement Régional de Santé Publique (GRSP) et d'un Plan Régional de Santé Publique (PRSP : ). A l'aide d'objectifs prioritaires et d'indicateurs quantifiés ce dispositif tente à l'échelon régional de mesurer objectivement l'amélioration de l'état de santé des populations.

Aidé en cela par la Loi Organique relative aux Lois de Finances (LOLF) permettant la déconcentration de l'action en impliquant un transfert de compétences des ministères vers les niveaux inférieurs de la hiérarchie.

La santé au travail


Le corps fut pendant longtemps dans la société traditionnelle rurale et artisanale un instrument de travail (g) qui devait être entretenu et protégé pour permettre à l'individu de trouver sa place dans la collectivité et de fournir un rendement. Les révolutions industrielles et les mouvements sociaux provoquent un changement des représentations. La santé travail s'est développée en France à partir de la protection des hommes permettant l'effort de guerre. En 1841 Louis-René Vuillermé remet un rapport sur le travail des enfants, la loi du 9 avril 1898 impose aux employeurs l'indemnisation des accidents du travail, le premier tableau des maladies professionnelles date de 1919 etc.

Ainsi se sont développées des mesures de protection des travailleurs. L'Union européenne a également joué un rôle important dans la prévention des risques professionnels .

L'intégration de la prévention des risques professionnels et des conditions de travail lors de la construction ou de l'aménagement de locaux de travail est inscrite dans les textes depuis 1976. En 1983 les premières mesures concrètes concernant l'éclairage des locaux ont été prises, elles ont été suivies par des dispositions concernant la ventilation, le bruit, les locaux d'hygiène.

Les liens entre la santé publique et la santé au travail
Dans un récent article de la revue Actualité et Dossiers en Santé Publique (b) Armelle George-Guiton présente les complémentarités entre ces deux secteurs historiquement cloisonnés qui tendent à se rapprocher afin de mutualiser leurs connaissances et leurs compétences.

Chez les sapeurs-pompiers, cette démarche et les actions de santé au travail, ont pour but d'éviter toutes altérations de la santé du fait du travail dans ce corps de métier. De plus, la loi du 13 août 2004 reconnaît la dangerosité du métier de sapeur-pompier. Plusieurs études ont été menées à l'étranger (dont 7 aux Etats-Unis, 3 au Canada, 1 seule en France ...). Si elles ont montré une sous-mortalité globale dans la population des sapeurs-pompiers, elles ont fait ressortir une sur-mortalité concernant certaines maladies : les maladies cardio-vasculaires (3 études), certains cancers (cerveau, bronches, colon-rectum, pancréas, foie).

Il est donc apparu nécessaire de mener en France chez les sapeurs-pompiers de telles recherches épidémiologiques pour confirmer ces résultats et pour mettre en œuvre une véritable veille sanitaire chez les sapeurs-pompiers.

C'est ainsi qu'en hommage au regretté médecin-colonel Charles PRIM, longtemps médecin-chef du Var , une cohorte de sapeurs-pompiers s'est constituée, permettant de déterminer l'âge et la cause des décès chez les sapeurs-pompiers, et d'identifier les maladies qui apparaissent dans cette population en comparaison à une population de référence. La cohorte « Charles PRIM » représente un outil scientifique et crédible répondant à toutes les interrogations des sapeurs-pompiers sur leur santé. De plus ces études permettent d'éclairer les autorités sur les problèmes de santé au travail existants ou émergents concernant les sapeurs-pompiers.

D'autres études sont sur le point d'être menées concernant les accidents de sports, les accidents routiers. La santé au travail des sapeurs-pompiers représente donc aujourd'hui un axe stratégique pour la Direction de la Sécurité Civile, il est indispensable pour un membre du 3SM d'en connaître les objectifs et les enjeux principaux.

C'est pour cela que les enseignements du module santé publique - santé travail sont intégrés dans la formation initiale des médecins et infirmiers du SSSM.

formation ispLa formation initiale « module santé publique » du DIU (diplôme inter-universitaire) des 3SM des sapeurs-pompiers :
Cette formation a été mise en place il y a une dizaine d'années par les universités Victor Segalen de Bordeaux II et Louis Pasteur de Strasbourg I. A ce jour, médecins et infirmiers volontaires doivent suivre cette formation obligatoire et accessible à la VAE. Les médecins et infirmiers sapeurs pompiers professionnels suivent une formation initiale de 18 semaines à l'ENSOSP d'Aix-en-Provence avec des enseignements identiques. Ainsi, la formation initiale du module santé publique-santé au travail répond à deux principaux objectifs : répondre aux obligations réglementaires de l'aptitude et introduire les notions santé-travail dans la formation des membres du 3SM.

L'enseignement à distance (EAD) du module santé publique-santé travail doit permettre une augmentation du potentiel de formation face à l'arrivée de nouveaux membres du 3SM et d'en réduire les coûts directs et indirects pour les SDIS.

Cet enseignement est constitué de 5 modules et est tutoré par des membres du 3SM volontaires (Sapeurs-pompiers depuis au moins 5 ans, formés au tutorat et ayant des compétences dans le domaine de la santé publique). Il permet aux étudiants de préparer un travail d'application tutoré (TAT) validant la formation. Ce travail de recherche à pour objectif d'appliquer les connaissances acquises au travers des enseignements et de permettre un recueil d'information sur la santé de des sapeurs-pompiers, au bénéfice des SDIS et du 3SM. Pour l'année universitaire 2006-2007 on recense 230 stagiaires inscrits en EAD et 75 tuteurs).

La démarche de santé publique-santé travail permet ainsi d'associer la formation et la recherche en santé publique, de promouvoir le maintien de la santé chez les sapeurs-pompiers et surtout d'intégrer la spécificité du métier de sapeur-pompier dans une démarche d'évaluation et de prévention des risques. Notre pratique quotidienne des visites d'aptitudes et de prévention en binôme médecin-infirmier en est le fer de lance.

Dominique Morincôme, IESPP - SDIS 40

 

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