L'ISP au GRIMP

ISP AU GRIMP

L'ISP dans le GRIMP (Groupe d'Intervention en Milieux Périlleux. 

Aujourd'hui je ne suis pas de garde VLSM. Aujourd'hui la tenue diffère un peu de l'habituelle tenue 41.Aujourd'hui c'est chemise F1 sous une salopette rouge et chaussures type montagne. Nous sommes jeudi et le programme de cette journée, c'est manœuvre GRIMP avec les personnels du Groupement de Thionville. Depuis maintenant 2 ans, nous sommes deux infirmiers formés IMP1 : comprendre Intervention Milieux Périlleux niveau 1, à participer aux différentes séquences de formation et mais aussi aux interventions de ce groupe. Certes la Moselle n'est pas le département le plus montagneux en France, néanmoins d'autres risques sont bel et bien présents. Les accidents de travail restent nombreux dans le milieu de la sidérurgie et sont souvent graves. Les accidents de loisirs augmentent d'année en année. Des terrains de jeux très convoités par des parapentistes et autres adeptes au deltaplane se trouvent au nord du département mais aussi dans une large zone forestière du sud-est. N'oublions pas les particularités du milieu urbain : à savoir des évacuations impossibles par les communications existantes ou des décisions médicales imposant un brancardage en décubitus dorsal strict d'une victime techniquée.  

C'est l'arrêté du 16 août 2004 relatif aux formations des personnels du Service de Santé et de Secours Médical, dans son article 24.2 qui fixe les limites de la formation qui doit répondre à des nécessités locales, à savoir : « Intervention du SSSM en milieu naturel hostile comprenant (...) l'unité de valeur relative aux interventions en milieu périlleux (IMP1), éventuellement complétées par une ou plusieurs UV de niveau 1 - Secours en Montagne (SMO), Intervention en Site Souterrain (ISS), CANyioning (CAN) » . En 2004, seuls deux médecins SPV étaient formés IMP. Décision est donc prise par le Conseiller Technique Départemental GRIMP, suite à la parution de ce cadre réglementaire d'organiser un stage IMP1 spécialement pour le SSSM. 2 médecins et 4 infirmiers participent à ce stage. Les pré-requis sont stricts. En effet, en plus d'une bonne condition physique, ces personnels assurent des gardes départementales, soit en qualité d'infirmier, soit en tant que référent médical, et font partie d'un centre de secours doté d'une unité GRIMP. Pendant ces cinq journées, le double nœud de huit, le nœud français, le nœud italien et bien d'autres n'auront plus de secret pour nous. Pour l'évolution sur corde, nos « gentils CU », comprendre Chefs d'Unité GRIMP, nous avaient prévenus : « ce que vous descendez, vous allez le remonter ». Chose promise, chose due, après de longues descentes en rappel, c'était « pédale - croll » pour la remontée sur corde. Après toutes ces « péripéties » sur différents sites naturels, artificiels et structurels... bingo... diplôme pour évoluer aux cotés de ces « hommes araignées ». 

Nous sommes actuellement 2 infirmiers du Groupement de THIONVILLE à être autonomes sur corde et ainsi pouvoir conditionner les victimes prise en charge en milieu dit hostile, dans des conditions d'accès difficile, mais aussi à assurer le soutien sanitaire opérationnel des personnels GRIMP en entraînement comme en intervention.
Nous devons effectuer 40 heures de formation de maintien des acquis avec validation obligatoire de certains modules (évolution sur cordes, passage de fractionnement et de vires, passage de nœuds à la montée et à la descente, environnement civière).
 

Nous avons en deux ans d'existence participé à de nombreuses manœuvres mais également à quelques interventions : ouvrier blessé sur un pont roulant ayant nécessité une analgésie par morphine avant une descente type falaise avec « poulie humaine », ouvrier présentant des lombalgies aiguës sur un échafaudage, brancardage d'une personne intubée ventilée médicalisée par le SMUR, parapentiste polyfracturé,... 

En ce qui concerne la prise en charge de la victime, vous comprendrez aisément que les différents bilans, circonstanciel, d'urgence vitale et complémentaire restent délicats à réaliser du fait de la position de la victime, mais doivent être les plus complets possible.
Dotés du même gilet d'intervention que nos collègues de l'unité santé GRIMP de SEINE ET MARNE,
le conditionnement doit rester le plus sommaire possible et au vue des pathologies traumatiques rencontrées, nous nous axons prioritairement sur la réalisation de gestes de secourisme tels qu'une L.V.A.S, de l'arrêt d'une hémorragie externe par compression directe, que la mise en place d'un collier cervical, mise en place d'une attelle à dépression sur un foyer de fracture,d'un KED ® et d'une protection thermique.
Ce conditionnement reste donc avant tout une mise en condition de « survie » à savoir : respect d'une position antalgique ou installation adéquate du patient afin d'éviter le « syndrome du harnais », apport d'oxygène à fort débit, abord veineux par un opérateur entraîné avec poches de vinyle souple.
La surveillance de ces patients est avant tout clinique, puisque les appareils de surveillance multiparamétriques de taille conséquente ne sont pas utilisables en milieu périlleux. On se fie à nos bases, au fameux « N-R-C » avec contrôle régulier d'une fréquence respiratoire, de la coloration cutanée et de prise de pouls radial.
Dans le cadre de l'application des Protocoles Infirmiers de Soins d'Urgence dans cette spécialité, le P.I.SU « douleurs sévères de l'adulte et de l'enfant de plus de 15 ans » permettant si nécessaire la titration morphinique reste le plus utilisé.
 

La paramédicalisation et/ou la médicalisation nécessite donc une parfaite connaissance des techniques médicales préhospitalières et une connaissance des techniques de progression sur cordes. Ainsi formé, l'infirmier ou le médecin pourra être reconnu comme élément incontournable à tout secours en milieu périlleux par tout le groupe d'intervention. 

IESPP Jérome Max
SDIS de Moselle

 

 

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