Sage Femme dans le Lot ...

D'EXPERT SAGE FEMME
A INFIRMIERE CHEZ LES POMPIERS DU LOT

 

La disparition des maternités de proximité a été un sujet d’inquiétude pour les futures mamans en cas d’accouchement inopiné, mais aussi pour les secouristes et les médecins amenés à transporter ou à assister un accouchement à domicile.

Après les fermetures des maternités de Figeac et de Gourdon, le Lot ne compte plus qu'une seule maternité, à Cahors, pour une population de 170.000 habitants environ

Selon une étude publiée en 2012 par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), le Lot se classe parmi les huit départements dans lesquels "plus de la moitié des femmes accouchent à une demi-heure ou plus de leur domicile alors que moins de 15% sont dans ce cas en Île-de-France et dans le département du Nord".

Les sapeurs pompiers sont formés à la prise en charge d’une femme enceinte (Premier Secours en Equipe de niveau 2), il n’en reste pas moins que l’accouchement, même s’il est un mécanisme physiologique dont on retire une fierté lorsque tout se passe bien, reste stressant pour les intervenants car deux vies sont entre leurs mains.

La présence d’une sage femme rassure les intervenants (sapeurs pompiers, SMUR, médecin libéral…), son expertise dans l’accouchement apporte la sérénité nécessaire à son bon déroulement.

Convaincu de l’intérêt de l’intégration de sages femmes au sein du corps des sapeurs pompiers le SDIS du Lot a recruté quatre sages femmes. Elles ont été intégrées au SSSM en qualité d’expert car seul les médecins, pharmaciens, infirmiers et vétérinaires ont un statut propre.

La profession de sage femme est une profession médicale, la sage femme assure en toute autonomie la surveillance de la grossesse normale, du travail et de l’accouchement ainsi que les soins à la mère et au nouveau né (jusqu’à 1 mois).

Les missions qui ont été confiées aux sages femmes SPV experts au SDIS du Lot:

?Coordonner au mieux la prise en charge de la parturiente dans le cadre d’un accouchement inopiné et créer pour les intervenants (pompiers, médecins et infirmiers) un climat d’intervention plus calme et serein donc moins anxiogène pour tous (secouristes, mère et nouveau-né)

?Diagnostiquer la menace d’accouchement prématuré.

?Travailler en réseau avec les maternités assurant le suivi des parturientes pour transmettre des données d’obstétriques fiables et optimiser la prise en charge en pré-hospitalier

?Prise en charge des détresses vitales du nouveau né et du nourrisson jusqu’à un mois.

?Conseiller médical téléphonique pour l’opérateur ou le chef de salle du CODIS, les équipes intervenantes ou le SSSM.

?Conseiller technique du SSSM dans la mise en place des médicaments et matériels nécessaires à leur activité opérationnelle et dans l’actualisation des protocoles infirmiers de soins d’urgence relatifs à l’accouchement inopiné.

?Habilitée aux PISU voie veineuse, antalgie et détresse vitale, dans le respect de l’arrêté du 12 Octobre 2011 fixant la liste des médicaments que peuvent prescrire les sages femmes et portant abrogation de dispositions réglementaires.

?Formation des sapeurs pompiers à l’accouchement inopiné.

Une astreinte H24 7J/7 permet un conseil téléphonique pour les acteurs de terrain via le CTA/CODIS (personnel SSSM, chef d’agrès …).

Elles sont équipées d’un BIP permettant leur déclenchement opérationnel en fonction de leur disponibilité.

Motivées pour l’activité opérationnelle mais peu engagées au vu malgré tout du peu  d’accouchement (17 en 2015 dont 3 avec une sage femme, 21 au 31/07/2016 dont 6 avec une sage femme), elles ont très vite manifesté le désir de participer plus activement au SUAP en élargissant leurs compétences à celles d’infirmier, mettant ainsi leur disponibilité et leurs compétences au service de la population.  Pour autant le fait qu’une sage-femme ait intégré le corps des sapeurs-pompiers volontaires ne l’autorise pas à réaliser des soins en dehors de son champ légal de compétence.

L’article 13 du code de déontologie des sages-femmes (article R.4127-313 du code de la santé publique) souligne que « dans l'exercice de sa profession, la sage-femme ne doit pas, sauf circonstances exceptionnelles, effectuer des actes ou donner des soins, ni formuler des prescriptions dans les domaines qui débordent sa compétence professionnelle ou dépassent ses possibilités. »

Nous avons sollicité la déléguée territoriale de l’ARS pour connaitre les possibilités réglementaires qui permettraient à une sage femme d’accéder au DE d’infirmière. La directrice de l’IFS de CAHORS impliquée dans cette démarche et en application de l’arrêté du 31 juillet 2009, nous a précisé les conditions requises pour que les quatre sages femmes puissent se présenter directement aux épreuves du diplôme d’IDE:

♦ Etre titulaire du Diplôme d’Etat de sage femme Français.

♦ Avoir exercé 2 ans minimum la fonction de sage femme.

♦ Faire un travail écrit de 15 à 20 pages et le valider (idem le mémoire de fin d’étude des étudiants infirmiers).

♦     Faire un stage de 5 semaines et valider les compétences  1 (évaluer une situation clinique et établir un diagnostic dans le domaine infirmier) et 4 (mettre en œuvre des actions à visée diagnostique et thérapeutique)..

La directrice de l’IFSI  a mis en œuvre les deux derniers critères au plus près des intérêts des professionnelles concernées.

Les Sages Femmes ont fait une inscription universitaire à l’IFSI pour pouvoir réaliser les stages.

Photo : François GOMEZ © Les Pompiers du Lot

Compte tenu de leur activité professionnelle et pour permettre aux sages femmes de s’inscrire dans cette démarche, nous avons négocié le morcellement des 5 semaines de stage consécutif, peu réalisable avec l’activité libérale de chacune d’elle, par période de 5 jours consécutifs.

Ce projet professionnel a été encadré et soutenu par le SDIS et son autorité d’emploi. Une prise en charge financière des 5 semaines de stage, a permis de minimiser les pertes de salaires au regard des 25 jours passés en stage sur une période de 3 mois.

Pour s’approprier leur nouveau rôle, les 4 Sages Femmes ont été intégrées en qualité d’observateur à bord des VLINF de leur CIS en complément de l’équipage conventionnel (conducteur+ISP). L’objectif étant de leur permettre d’acquérir les réflexes opérationnels en les confrontant à la réalité du terrain.

Elles ont fait preuve d’une parfaite adaptation aux compétences de l’infirmière. Toutes reconnaissent un enrichissement de leur statut de soignante par cette approche différente du soin.

Elles  ont passé avec succès l’ensemble des étapes les menant au DE d’infirmière. 

Dès lors elles rentreront dans le schéma de formation des ISPV à partir du 2ième  semestre 2016et viendront renforcer le pool des ISPV.

Le gain de quatre infirmières sur des secteurs éloignés entre dans la démarche de rapprocher chaque Français de soins d’urgence dans un délai de 30 minutes.

 

Médecin Hors Classe Marie-Pierre TAILLADE - Médecin Chef du SDIS46

 

Remerciements : Infirmier d’encadrement Michel TAILLADE, DDSIS Colonel Bernard TACHET des COMBES, Madame LEMETAIS Directrice IFS et Monsieur BARTHE directeur adjoint de l’IFSI, Déléguée territoriale ARS Me ALIDOR Laurence, les quatre Sages Femmes : Brigitte BELLEGO (CIS FIGEAC) Nathalie CHARBONNIER (CIS LACAPELLE MARIVAL et LATRONQUIERE) Véronique ROUGERIE (CIS SAINT-CERE) Cécile AUTHIER-MARTIN (CIS BRETENOUX)

Photo : François GOMEZ © Les Pompiers du Lot

 

 

 

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